‘Maji de ?’ (2) – doing instead of thinking

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Ces photos datent d’une semaine voire plus, mais à l’aéroport rien n’a vraiment changé depuis. Il faut dire que dans le train ce ne sont pas les voyageurs avec leurs encombrantes valises, mais les travailleurs et même quelques lycéens qui refont petit à petit leur apparition.

En attendant de pouvoir me balader en étant serein à Nagoya ce sont mes doigts maladroits que je bouge. Qu’il s’agisse d’assembler les avions en papier ANA ou les puzzle 3D Daiso à 100 Yens autour du thème de l’espace et de l’aviation, de coller ou découper photos et articles, de trier puis déchirer ou ranger tout ce superflu qui encombre chaque pièce, passer la journée à s’occuper autrement que la tête dans un livre ou devant un écran me permet de me changer les idées.

‘Maji de ?’ (1) – ‘This is an announcement concerning …’

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Avant de prendre le service je me balade dans l’aéroport à la recherche de preuves. Car dans quelques années je suis persuadé que les nouvelles recrues ne me croiront pas quand je leur affirmerai qu’il fut une période pendant laquelle l’aéroport était désert du matin au soir, qu’il n’y avait plus un seul vol international pendant deux mois et que comme la plupart des employés étaient priés de rester chez eux, bureaux, magasins et comptoirs étaient fermés. – ‘Sérieux ?’

Il n’y a plus personne là où les gens sont censés se rencontrer, s’embrasser, se faire l’accolade ou encore se dire au revoir ou adieu en faisant de grands gestes ou parfois en larmes. D’habitude on peut entendre les rires, les gros chagrins et les colères des enfants, les engueulades des couples, les cris de désespoir de ceux qui viennent de rater leur avion ou encore de la musique lors des événements. Depuis ce qui me semble maintenant une éternité, le silence est brisé toutes les trente minutes par ma voix trop grave qui répète aux voyageurs courageux (ou imprudents) qu’il faut se laver les mains et respecter les distances de sécurité. A force de l’entendre j’en rêve la nuit.

‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (12) @ NGO

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Si un beau ciel bleu uniforme est agréable pour être dehors à prendre des photos, les photos sont d’un ennui total. J’en finis par aimer le vent, les gros nuages menaçants et les brèves éclaircies qui donnent de la dynamique aux photos. J’ai aussi longtemps été persuadé qu’il suffisait de tout prendre en gros plan, mais ai fini par prendre du recul, jouer avec le paysage, les montagnes, la mer, les bateaux. Je ne m’en lasse pas …

Cela faisait un moment que je n’avais pas passé une année complète en publiant au moins un article par mois sur ce blog. Depuis 2007 (!) et ses 38 posts, 2019 fut l’année la plus prolifique avec 36 posts au compteur. Le nombre de visites quant à lui n’a jamais été aussi élevé depuis 2011, mais n’en atteint malheureusement même pas la moitié. Des chiffres dignes de ceux que l’âge d’or du blog – et des blogs en général, entre 2007 et 2011, avant que tout le monde, moi y compris, se rue sur les Facebook, Twitter au autres réseaux sociaux semblent encore inaccessibles pour quelques temps.

Cette créativité, toute relative j’en conviens, je la dois au fait d’avoir changé l’année dernière deux choses dans mon approche. D’une part, je me suis mis à écrire plusieurs articles en même temps, ce qui me permet de passer à autre chose quand je bute sur des posts dont je ne trouve pas le fil conducteur. Et surtout, j’y publie ce qui me plaît, dans le désordre le plus complet, et autant que je veux. Quitte à ce que les photos d’aviation y prennent de plus en plus de place.

‘Comme un soleil de fin de siècle’ (…11@ NGO)

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31 décembre. Une dernière virée à NGO. Il y a un de vent de tous les diables, une partie du Sky Deck est fermée.  Avec l’ouverture du Terminal 2, le flot des vols est pratiquement ininterrompu, petits avions à hélices et gros porteurs se bousculent sur la piste. Le ciel ne m’a jamais paru aussi expressif. Les épais nuages noirs et menaçants percés par ces tapis de rayons de soleil me semblent tout à fait résumer l’année écoulée ; J’ai pas mal été chahuté mais ai fini par percer, grâce à la famille, aux amis, à la musique, la course à pied, l’écriture, ma passion pour l’aviation, ce blog, et vos commentaires. J’ai pris en cette dernière journée quelques unes de mes plus belles photos. La persévérance et la patience gagnent. Toujours.

‘LH737, do you coffee ?’ – ‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (10) @ NGO

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A force de fréquenter au quotidien les avions depuis plus de dix ans maintenant vient un moment où les simples photos au décollage ou à l’atterrissage deviennent ennuyeuses. Je n’ai pas la patience nécessaire pour attendre en pleine nature pendant une demie-journée qu’un appareil vienne se placer juste dans mon cadre, et encore moins les ressources qui me permettraient d’aller visiter un aéroport different chaque week-end.

Alors je laisse balader mon objectif et prends à la volée des gestes. Un pilote qui salue les visiteurs, un autre qui déguste un dernier café avant le départ. Il y a une toute autre beauté, plus esthétique, dans ces ombres que forment les ailes d’avions sur le tarmac en cette matinée d’automne, et qui font apparaître des détails que l’on ne peut voir sous cet angle.

‘Touch & Go’ – ‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (9) @ NGO

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Centrair est un aéroport propice aux entraînements au pilotage. Comme celui-ci est situé en plein milieu de la baie d’Ise, les pilotes peuvent effectuer à répétition décollages, atterrissages à leur guise sans trop agacer les habitants des environs.

J’aime beaucoup assister à ces entraînements à partir du deck d’observation. Non seulement parce que l’appareil utilisé, généralement un 777-200 de All Nippon Airways (ANA), est devenu une denrée rare, mais surtout parce que les manoeuvres pour le moins inhabituelles engendrent chez ceux qui en sont le témoin des émotions diverses.

L’entraînement en question est principalement constitué de phases dites ‘Touch & Go’ : L’avion atterrit, ralentit, puis en moitié de la piste reprend de la vitesse et décolle à nouveau. Il effectue ensuite une longue boucle à basse altitude au dessus de la mer, l’exercice est répété quatre ou cinq fois. ‘Qu’est-ce qui lui arrive ?’ ‘Il a un problème ?’ et autres ‘Le pilote a oublié quelque chose à l’aéroport de départ ?’ … J’ai beau avoir assisté à la scène une centaine de fois, je ne me lasse pas d’écouter les réactions des personnes alentours. Il nous est même arrivé d’avoir un appel au standard téléphonique d’un spectateur affolé : ‘Depuis tout à l’heure, un avion n’arrête pas de tourner en rond sans parvenir à atterrir ! Il a besoin d’aide !’

Au bout de quelques passages il y a toujours un type, tout fier, pour rassurer tout le monde : ‘Ne vous inquiétez pas, c’est juste un entraînement !’ La conversation se poursuit. Le passionné est heureux de partager sa passion, le visiteur peut poser autant de questions qu’il le souhaite.

Une jeune femme, caméra à la main, filme depuis trente minutes le même avion avec une curieuse insistance. Lorsqu’on lui demande pourquoi, elle explique que c’est un membre de sa famille qui est au commandes et que c’est aujourd’hui son premier vol d’entraînement à bord de cet appareil. Un visiteur lui passe un récepteur, ce qui lui permet d’écouter les échanges radios entre les membres de la cabine et la tour de contrôle. Avoir le son donne l’impression d’être dans la cabine, la jeune femme est rapidement gagnée par l’émotion …

Quand on parle d’aviation, on oublie bien souvent qu’en fin de compte ce sont des hommes et des femmes qui fabriquent, font fonctionner et manoeuvrent ces gigantesques machines. Et les aéroports me font toujours autant rêver.

 

Terminal 2

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Le 20 septembre dernier ouvrait le Terminal 2 de l’aéroport international de Nagoya. Celui-ci est constitué de deux étages, ( arrivées au rez-de-chaussée, départs au premier ) 45.000 mètres carrés pouvant accueillir 4.5 millions de passagers par an. Désormais les vols domestiques et internationaux des 5 compagnies low-cost AirAsia Japan, Jetstar Japan, Air Busan, Jeju Air et T’way seront desservis ici.

Je suis toujours sidéré par la rapidité avec laquelle les bâtiments sont construits au Japon. Les travaux n’ont débuté qu’au mois de mai 2018 et il y a deux mois encore tout le monde se demandait s’il allait ouvrir à temps. Afin de diminuer au maximum les coûts le terminal a l’apparence d’un hangar allongé, les tuyaux d’aération et autres tubes en tout genres ne sont même pas cachés mais je ne doute pas qu’en terme d’efficacité nous n’ayons pas a rougir devant nos prédécesseurs que sont le Terminal 3 de l’Aéroport de Tokyo (Narita – NRT) ou l’extension du Terminal 2 de l’Aéroport International de Kansai (Osaka – KIX), également destinés aux compagnies low-cost.

Pour pouvoir faire la comparaison il me faudrait effectuer les vols entre ces différents aéroports. Il me plairait d’ailleurs de faire la tournée des 98 aéroports que compte le Japon. Comme je ne suis pas certain que Keiko approuve ces dépenses, je pourrai toujours dire qu’il s’agit d’importantes recherches en rapport avec mon travail. Ou alors attendre la retraite pour parcourir le pays à deux – dans un avion piloté par Léo ou Louis, qui sait ?

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Le studio photo ANTI.LAB propose ici des portraits pour certains assez intéressants de Reina Nagata pris dans le nouveau terminal. Il m’arrive souvent en conduisant d’écouter l’émission qu’elle anime sur Zip-fm, l’une des principales radios locales. J’écoute beaucoup plus la radio que je ne regarde la télé. Il m’arrive fréquemment d’apprécier une voix, comme celle de l’actrice Riho Yoshioka dernièrement, alors que les films ou dorama dans lesquels elle apparait n’ont pour moi aucun intérêt. Quoiqu’il en soit, cela fait toujours bizarre de mettre une tête sur une voix. Si j’aime beaucoup parler, j’ai horreur de la mienne. Passer des annonces à l’aéroport a longtemps m’a longtemps été pénible.