Japan Airlines × A350-900 – ‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (8) @ NGO

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Japan Airlines vient de réceptionner le mois dernier le premier de ses 31 Airbus 350. L’événement a fait pas mal de bruit dans les médias spécialisés du monde entier puisque c’est à la fois l’entrée dans sa flotte de son premier appareil Airbus, du premier moteur Rolls Royce, et alors qu’à la base cet avion est utilisé pour les vols long-courriers (Singapour-New York, 19 heures de vol, plus long vol commercial actuel) JAL va utiliser cet appareil pour des vols intérieurs, ce qui est là encore une première.

L’appareil flambant neuf, dans sa livrée ‘Challenge Red’ doit entrer en service le 1er septembre sur la ligne Tokyo (Haneda) – Fukuoka, mais effectue depuis une semaine une série de vols d’essai dans les principaux aéroports du pays, dont un passage à Nagoya, en soirée.

Je n’ai jamais su prendre de photos de nuit. D’ailleurs, pourquoi faut-il toujours se sentir obligé de tout prendre en photos ? Il serait pourtant tellement agréable d’être capable de tout simplement apprécier la scène avec ses yeux, ses oreilles (les moteurs sont de plus en plus silencieux) ou bien même son nez (l’odeur particulière du kérosène), au lieu d’avoir à m’énerver sur mon appareil, surtout au vu du résultat ! Un ami, ancien mécanicien avionique, m’a un jour expliqué que sa mémoire photographique s’était développée au point que chaque appareil lui paraissait transparent, qu’il lui semblait pouvoir voir à travers la coque l’emplacement exact du moindre petit boulon vu sur les schémas pendant de longues années. ‘Je ne prends jamais de photos, que ce soit d’avions ou de famille. Tout est gravé ici !’ a-t-il ajouté, pointant son crâne de l’index de sa main droite.

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Tout ce qui a deux ailes me fait planer (2)

Je suis dehors à 7h pour l’ouverture du Sky Deck après une nuit très calme. Il fait déjà 27 degrés mais il souffle un agréable vent frais, qui contrairement à ma séance précédente, souffle du nord au sud. Cela me permet de prendre mes photos sous un angle différent et m’évite d’être à contre-jour sur les décollages au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel.

A part moi je compte une dizaine de photographes. L’un d’eux, particulièrement acharné, commence à déballer sa valise et à monter trois appareils. Une fois son gigantesque télé-objectif monté, le plus gros fait la longueur de mon bras. Casque sur les oreilles, antenne qui dépasse de la poche de sa veste, il écoute certainement les échanges entre le pilote et la tour de contrôle.

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Je retrouve le Flower Jet de la session précédente. Les inverseurs de poussée à la verticale du jet privé Gulfstream G450 me fascinent, c’est la première fois que j’en vois de la sorte. Le temps de rêvasser à propos des avantages d’un tel procédé que le A320 d’Uzbekistan Airways est en bout de piste. La compagnie effectue quelques vols charters vers Guam en été. Tashkent, Urgench … rien que le nom des villes desservies offre un dépaysement total. Entre-temps le vent s’est fait plus fort, le Bombardier d’ANA décolle instantanément, je peux distinguer la tête du pilote qui est juste à ma hauteur.

Je compte maintenant autour de 30 personnes autour de moi. A les voir tous sortir leur attirail et vérifier leur smartphone toutes les deux minutes, il ne fait nulle doute qu’ils attendent comme moi la venue du Dreamlifter.

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Pour transporter les différentes pièces de ses avions construits un peu partout dans le monde, Airbus a ses Beluga, et Boeing ses Dreamlifter. Il n’existe que quatre Dreamlifter, mais ils viennent fréquemment à Nagoya, de nombreux sous-traitants étant localisés dans le coin. Néanmoins, la drôle de forme et la taille de l’engin, le boucan produit par ses quatre moteurs et l’irrégularité des allers et venues font de chaque visite un évènement.

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Plus que satisfait, je décide de quitter les lieux, la chaleur et la fatigue ont raison de moi. Tandis que le 787 de Japan Airlines en partance pour Narita quitte son spot, celui provenant de Bangkok atterrit et les deux appareils viennent s’aligner dans mon cadre. La probabilité que cela se reproduise est quasiment nulle. Je jubile !