‘Touch & Go’ – ‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (9) @ NGO

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Centrair est un aéroport propice aux entraînements au pilotage. Comme celui-ci est situé en plein milieu de la baie d’Ise, les pilotes peuvent effectuer à répétition décollages, atterrissages à leur guise sans trop agacer les habitants des environs.

J’aime beaucoup assister à ces entraînements à partir du deck d’observation. Non seulement parce que l’appareil utilisé, généralement un 777-200 de All Nippon Airways (ANA), est devenu une denrée rare, mais surtout parce que les manoeuvres pour le moins inhabituelles engendrent chez ceux qui en sont le témoin des émotions diverses.

L’entraînement en question est principalement constitué de phases dites ‘Touch & Go’ : L’avion atterrit, ralentit, puis en moitié de la piste reprend de la vitesse et décolle à nouveau. Il effectue ensuite une longue boucle à basse altitude au dessus de la mer, l’exercice est répété quatre ou cinq fois. ‘Qu’est-ce qui lui arrive ?’ ‘Il a un problème ?’ et autres ‘Le pilote a oublié quelque chose à l’aéroport de départ ?’ … J’ai beau avoir assisté à la scène une centaine de fois, je ne me lasse pas d’écouter les réactions des personnes alentours. Il nous est même arrivé d’avoir un appel au standard téléphonique d’un spectateur affolé : ‘Depuis tout à l’heure, un avion n’arrête pas de tourner en rond sans parvenir à atterrir ! Il a besoin d’aide !’

Au bout de quelques passages il y a toujours un type, tout fier, pour rassurer tout le monde : ‘Ne vous inquiétez pas, c’est juste un entraînement !’ La conversation se poursuit. Le passionné est heureux de partager sa passion, le visiteur peut poser autant de questions qu’il le souhaite.

Une jeune femme, caméra à la main, filme depuis trente minutes le même avion avec une curieuse insistance. Lorsqu’on lui demande pourquoi, elle explique que c’est un membre de sa famille qui est au commandes et que c’est aujourd’hui son premier vol d’entraînement à bord de cet appareil. Un visiteur lui passe un récepteur, ce qui lui permet d’écouter les échanges radios entre les membres de la cabine et la tour de contrôle. Avoir le son donne l’impression d’être dans la cabine, la jeune femme est rapidement gagnée par l’émotion …

Quand on parle d’aviation, on oublie bien souvent qu’en fin de compte ce sont des hommes et des femmes qui fabriquent, font fonctionner et manoeuvrent ces gigantesques machines. Et les aéroports me font toujours autant rêver.

 

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Flying Honu – ‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (7)

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Hawaii étant la destination préférée des japonais pour leurs vacances, lignes et vols en direction de Honolulu sont saturés. Pour résoudre ce problème, la compagnie privée japonaise ANA (All Nippon Airways) va doubler le nombre potentiel de passagers par vol sur cette ligne en introduisant dans sa flotte le colossal A380 à partir du 24 mai prochain. 

Outre sa configuration cabine spécifiquement conçue pour cette ligne, la principale particularité de cette flotte est qu’elle porte la livrée Flying Honu dédiée à la tortue de mer de Hawaii, en trois couleurs : bleu, vert, et orange. Dans le cadre d’une série de vols tests, la première livrée bleue est passée à Nagoya. Après avoir l’avoir traqué deux jours durant sur Flightradar, j’ai fini par réussir à mettre l’animal en boîte lors de son atterrissage en fin de soirée.

Il est très peu probable que je prenne ce vol, et en principe les trois appareils seront basés à l’aéroport de Narita. Les A380 ne seront plus produits à partir de 2021 et aucune autre compagnie japonaise n’en a passé commande. C’était peut-être bien la première, mais aussi la dernière fois que je verrai la petite famille nager dans le ciel de Nagoya.

Tout ce qui a deux ailes me fait planer (2)

Je suis dehors à 7h pour l’ouverture du Sky Deck après une nuit très calme. Il fait déjà 27 degrés mais il souffle un agréable vent frais, qui contrairement à ma séance précédente, souffle du nord au sud. Cela me permet de prendre mes photos sous un angle différent et m’évite d’être à contre-jour sur les décollages au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel.

A part moi je compte une dizaine de photographes. L’un d’eux, particulièrement acharné, commence à déballer sa valise et à monter trois appareils. Une fois son gigantesque télé-objectif monté, le plus gros fait la longueur de mon bras. Casque sur les oreilles, antenne qui dépasse de la poche de sa veste, il écoute certainement les échanges entre le pilote et la tour de contrôle.

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Je retrouve le Flower Jet de la session précédente. Les inverseurs de poussée à la verticale du jet privé Gulfstream G450 me fascinent, c’est la première fois que j’en vois de la sorte. Le temps de rêvasser à propos des avantages d’un tel procédé que le A320 d’Uzbekistan Airways est en bout de piste. La compagnie effectue quelques vols charters vers Guam en été. Tashkent, Urgench … rien que le nom des villes desservies offre un dépaysement total. Entre-temps le vent s’est fait plus fort, le Bombardier d’ANA décolle instantanément, je peux distinguer la tête du pilote qui est juste à ma hauteur.

Je compte maintenant autour de 30 personnes autour de moi. A les voir tous sortir leur attirail et vérifier leur smartphone toutes les deux minutes, il ne fait nulle doute qu’ils attendent comme moi la venue du Dreamlifter.

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Pour transporter les différentes pièces de ses avions construits un peu partout dans le monde, Airbus a ses Beluga, et Boeing ses Dreamlifter. Il n’existe que quatre Dreamlifter, mais ils viennent fréquemment à Nagoya, de nombreux sous-traitants étant localisés dans le coin. Néanmoins, la drôle de forme et la taille de l’engin, le boucan produit par ses quatre moteurs et l’irrégularité des allers et venues font de chaque visite un évènement.

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Plus que satisfait, je décide de quitter les lieux, la chaleur et la fatigue ont raison de moi. Tandis que le 787 de Japan Airlines en partance pour Narita quitte son spot, celui provenant de Bangkok atterrit et les deux appareils viennent s’aligner dans mon cadre. La probabilité que cela se reproduise est quasiment nulle. Je jubile !

Tout ce qui a deux ailes me fait planer (1)

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Une fois mon service de nuit terminé, l’un de mes petits plaisirs est de me ruer sur le Sky Deck pour y prendre une ou deux centaines de photos, puisque c’est le matin entre 8 et 10 heures qu’il y a le plus de trafic.

Il a plu pendant la nuit, l’exercice du jour consiste à parvenir à prendre en photo les trainées de vapeurs sur les ailes d’avions au décollage de la piste encore humide.  Gros nuages menaçants, brouillard, et au final les averses … les conditions étant mauvaises, je suis obligé d’abandonner la partie avant que les ‘gros porteurs’ n’entrent en scène.

En guise de lot de consolation j’aurai tout de même droit au décollage du ‘Flower Jet’ d’ANA et au ‘Jimbee Jet’ de la JTA. Au fur et à mesure que je prends mes photos je suis comme hypnotisé par les feux de roulage rouges clignotants qui se reflètent sur le sol humide.

Je parviens tant bien que mal à prendre une seule photo à peu près potable du phénomene sur le seul ‘moyen-courrier’ du lot, un vieux Boeing 767 d’ANA en partance pour Tokyo (Narita). Le week-end l’engin est d’habitude plein à craquer ; principalement des voyageurs en transit pour des destinations qui n’ont pas de ligne directe à partir de Nagoya. Aujourd’hui nous sommes jeudi, l’avion semble léger, il ne lui faut qu’un peu plus de la moitié de la piste pour décoller, assez tôt pour que je puisse prendre ma photo et repartir en ayant accompli mon objectif.

Ah oui ! Entre décembre 2013 et juin 2017, je suis devenu un fana d’aviation. Piètre photographe, mais fana quand même.