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La sélection du moi(s) [1017]

octobre 31, 2017

La chose prêtera à débat, mais pour moi l’âge d’or du rap français s’arrête en 1998. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de pépites par la suite, mais qu’il a fallu se mettre à creuser pour les trouver. Ces deux décennies j’ai suivi à peu près sérieusement Arkanson, Hocus Pocus et 1995 et apprécié quelques morceaux éparpillés aux beats rafraîchissants, aux textes sans prise de tête et sans égos surdimensionnés. Dans le même style, je suis tombé la semaine dernière sur Léon du groupe belge L’Or du commun. Même 20 ans plus tard, le mot d’ordre est le même : ’Tranquille …’

Le skate a le punk rock, le basket le hip hop et le patin à glace la musique classique. Moi la drum and bass, ça me fait courir comme un dératé, et Take you higher de Wilkinson en particulier. A chaque drop je ne cours plus, je vole, gesticulant les bras et la tête et faisant des tours sur moi-même comme un possédé.

Mes enfants ont la tête dans la lune, ma femme vient de Venus. Tandis que je suis chaque lancement de SpaceX, ai presque pleuré en regardant en direct sur internet les derniers instants de la sonde Cassini-Hyugens et suis abonné à la chaîne éducative de la NASA, elle pourrait rester des heures a regarder le live de la Station spatiale internationale. ’Uchu Kyôdai’ (Space Brothers) est la seule et unique série manga que nous possédions en entier, et la chanson qui suit, qui sert d’opening aux premiers épisodes de l’animé, envoie du rêve elle aussi.

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‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (3) @ Matsumoto

octobre 26, 2017

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Comme nous nous baladions près de Matsumoto, chef-lieu de la préfecture de Nagano, j’ai prétexté sur un coup de tête vouloir faire un peu d’espionnage chez la concurrence pour traîner toute la famille à l’aéroport de Matsumoto, Shinshu Matsumoto Airport.

Aéroport construit en 1965 possédant une seule piste de 2,000m (18/36), il est l’aéroport situé le plus haut du Japon à 657m. Matsumoto ne compte que trois vols quotidiens, un vers Hokkaido (Sapporo), deux vers Kyushu (Fukuoka), desservis par la compagnie ’Fuji Dream Airlines’ (FDA) qui m’est bien familière puisque ses avions passent régulièrement juste au dessus de notre maison. Elle est surtout connue pour sa flotte dont chaque engin possède une couleur différente – et une maquette du huitième modèle, vert pomme, trône sur mon bureau si vous jetez un oeil au billet précédent.

Quand nous arrivons, le dernier vol du jour est sur le point de prendre le départ. Je me gare en catastrophe, me rue à l’intérieur du bâtiment et suis tout de suite séduit par la petitesse de l’endroit qui me rappelle le minuscule aéroport de Luxembourg de mon enfance, avant sa rénovation. Je monte l’escalier qui me mène à l’étage en hurlant comme un gosse, tout heureux qu’il y ait un balcon d’où je vais pouvoir prendre quelques photos.

Les arbres qui commencent à prendre les couleurs de l’automne, le soleil qui se couche, le rose de l’appareil, les montagnes au loin lors du décollage. C’était très différent de mes sessions photos habituelles, il me tarde d’avoir assez de temps et de ressources pour prendre des photos des 95 autres aéroport de l’archipel …

 

 

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‘Mangez des pommes’ @ Matsukawa (Nagano pref.)

octobre 20, 2017

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Sur la route, le paysage est très spectaculaire. Alors qu’il a plu pendant deux jours sans s’arrêter, une fois sorti de l’interminable tunnel Ena qui sert de frontière entre la préfecture de Gifu et celle de Nagano, la pluie se met à cesser. La température monte de quelques degrés et une demie-heure plus tard, peu avant l’entrée dans la ville d’Iida, apparaît une mystérieuse brume (ou est-ce un nuage ?) qui va venir se coller à toutes les montagnes alentours. C’est fascinant, mais je suis sur l’autoroute, je me ressaisis.

La region de Matsukawa est connue pour ses pommes. Si j’avais détourné un peu mon regard des montagnes au loin, j’aurai pu remarquer les champs de pommiers des deux côtés de la route qui se succèdent sur des kilomètres. Le temps est maussade, mais cela fait une semaine que les enfants ne parlent que de cette cueillette de pommes à volonté avec leurs cousines.

Entre deux averses nous choisissons soigneusement nos pommes, auxquelles les gouttelettes d’eau de pluie donnent un air encore plus appétissant. Nous avons l’embarras du choix, après de longues hésitations j’en croque une à m’en décrocher la mâchoire. Je me souviens de l’été de mes dix ans, à Nod, quand je mangeais une pomme matin midi et soir. Est-ce la même année que j’ai perdu une dent en croquant dans une pomme comme je viens de le faire ? Dire qu’il y avait les même champs de pommiers tout près de l’endroit où j’ai grandi sans que je ne m’y sois jamais arrêté pour y goûter. Je m’imagine à l’époque avec mes copains volant chacun sa pomme – la plus grosse possible- et dévalant la longue pente vers Mamer sur nos vélos, le propriétaire rouspétant après nous en courant. Je souris bêtement. C’est absolument délicieux.

 

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‘Pourquoi j’écris, autant me demander pourquoi je respire …’ (2)

octobre 7, 2017

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Depuis mon premier post sur le sujet, au bout d’un peu plus de 6 ans j’en suis au douzième tome, au douzième carnet ou au douzième volume. Je ne sais trop comment nommer mes cahiers, parler de mémoires me semble un peu trop ambitieux et arrogant, parler de tomes laisserait penser qu’un jour le tout sera publié alors que c’est là le dernier de mes souhaits.

Après diverses escapades j’ai fini par adopter un format unique, les somptueux Traveler’s Notebook. J’utilisais déjà auparavant les produits Midori pour écrire mes lettres. Le papier est de très bonne qualité, léger, doux au toucher sans pour autant absorber l’encre de ma plume. Le format me laisse donner libre cours à mes pensées sans être encombrant à transporter.

Il me faut plus de place qu’auparavant depuis que j’y colle des photos, des billets d’entrée, les petits mots d’adieux des collègues qui quittent leur poste, les cartes routières où je marque les itinéraires lors de nos promenades, les cartes de visite et les reçus des restaurants qui m’ont marqué. Cela me prend aussi de plus en plus en temps, mais je prends beaucoup de plaisir, une fois tout le monde couché, au calme, à m’asseoir à mon bureau et écrire, découper, coller ou même dessiner.

C’est certes très agréable, mais à force de ne penser qu’à ce que l’on a fait de sa journée, à la décortiquer pour n’en noter que les moments que l’on aura envie de se remémorer dix ou vingt ans plus tard, cela manque de critique et de synthèse. Pour donner un exemple concret, je prends note par exemple de chaque nouvel album ou livre et rédige un court commentaire de 3 ou 5 lignes, mais cela n’entraîne aucun débat puisqu’il n’y a personne pour le lire. De même

Reprendre l’écriture de ce blog est une façon de me secouer les puces. Regarder un peu plus autour de moi, les gens, les paysages ou les architectures. Ne plus me contenter de raconter les choses, mais me forcer à trouver des sujets et des histoires à raconter, avoir des photos à montrer et partager le tout avec les quelques personnes qui voudront bien m’accompagner. Bon, un jour il faudra quand même que je change l’interface du site …

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Le mot du jour : Idô

septembre 25, 2017

Chaque année, pendant la deuxième moitié des mois de mars et de septembre, au travail on a notre ’mercato’ à nous. Pendant cette période les RH rôdent dans les bureaux et les supérieurs sont de mauvais poil, embarrassés d’avoir à faire des choix difficiles. Chacun est à l’affût de la moindre information, les rumeurs vont bon train … Plus personne ne travaille, c’est plutôt contre-productif en vérité.

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Afin que tout ne se fasse pas dans notre dos, au début du mois on nous a demandé notre avis ! Chaque employé, et ce quelque soit son grade, se voit envoyer un formulaire en ligne : ’Est-ce que mon poste actuel me satisfait ? Quel sont mes objectifs ? Est-ce que je souhaite changer de service ?’ Chacun remplit son formulaire en douce afin de ne pas vexer les collègues : Ouvertement avouer vouloir se faire muter, c’est un peu comme hurler ’je n’en peux plus de vous tous !’ au milieu du bureau.

Après de longues délibérations, les mutations sont généralement officialisées le 20. Ce jour-là chaque employé retient son souffle au moment d’entrer au bureau. A peine assis qu’un haut-placé débarque de nulle part : ’Tu as cinq minutes ?’ Tout le monde se regarde tandis que tu es entraîné vers une pièce à part … Certains supérieurs semblent prendre plaisir à ce petit jeu, comme ce type qui d’habitude ne t’adresse pas la parole mais qui ce jour-là viens vers toi pour … te demander un service. D’autres encore sont plus discrets, te donnent rendez-vous par téléphone.

Alors que la journée se poursuit et que la Terre continue à tourner, il suffit de voir les mines réjouies, les figures décomposées pour savoir qui va bouger ou non.

Quant à moi ? Cela fait 6 ans que je suis dans le même service, 3 ans que je demande à me faire muter, mais toujours rien. Il est vrai que je ne vaux pas 222 Millions de Yens ! On verra en mars …

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’Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose …’

septembre 14, 2017

… qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre’.

Après avoir profité de chaque opportunité pour me balader à droite et à gauche pendant tout l’été, puis achevé par des horaires plutôt corsés, je suis sur les rotules depuis le début du mois. Je suis lessivé, mais ne parviens pas à rester en place plus de deux heures. La télé m’ennuie, m’agace, m‘écœure. Même mon simulateur de contrôle aérien me lasse au bout d’une heure. Quand je bouquine je ne peux m’empêcher de prendre des notes, j’étudie plus que je ne lis, c’est épuisant !

Alors quel que soit le temps, je finis par sortir de chez moi. Avant-hier je suis allé à l’exposition intitulée ’Old Masters from the State Hermitage Museum’, regroupant de superbes toiles de la collection du Musée de l’Ermitage. Hier j’ai fait 13km de cross-country, montant et dévalent tout ce que compte comme côtes et pentes le plus grand parc alentours.

Et là, le temps de concocter cet article que je sens déjà des démangeaisons dans les mains, dans les jambes. Il fait 30 degrés, le ciel est bleu et sans un seul nuage … C’est épuisant !

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‘So get out your seats and jump around !’ @ Minami Chita Beach Land ( Aichi )

septembre 12, 2017

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A Nagoya, il y a bien sûr l’aquarium public du port de Nagoya, tellement immense qu’on ne parvient même pas à en faire le tour en une journée. Il y a cet extraordinaire bassin principal où nagent les dauphins, sa gigantesque baie vitrée où il me serait possible de rester pendant des heures si les enfants ne me tiraient pas de mes rêveries pour aller voir les pinguins, les orques ou encore les tourbillons de maquereaux, bien plus divertissants.

Puis il y a Minami Chita Beach Land, au sud de la péninsule de Chita, à une petite heure de route en voiture de chez nous. Plus qu’un aquarium, cela ressemble plutôt à un parc d’attraction  avec sa grand-roue en plein centre. On est à la campagne, c’est très ’at home’, toutes les deux heures on peut serrer la patte aux otaries ou donner à manger aux tortues de mer. Et puis il y a à chaque fois le côté féerique du spectacle de dauphins et d’otaries. Les trois premiers rangs sont pratiquement les pieds dans l’eau, une otarie vient fréquemment se balader au milieu des spectateurs, grands et petits sont ravis ! Cette proximité avec le public me semble inconcevable à l’aquarium de Nagoya …