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Rapide passage au Tsutaya du coin pour la première sélection de l’année.

Sheena Ringo Reimport vol.2. Cela faisait un longtemps que je n’avais pas écouté de musique de celle qui caracole pourtant en tête de mon classement last.fm depuis des années. D’ailleurs, il me semble qu’il s’agissait de Reimport vol.1, album regroupant les titres qu’elle a écrit pour d’autres artistes.

Quruli Philarmonic or die. Il a toujours des périodes comme ça où je ressens un pressant besoin d’écouter du Quruli. Les mélodies sont superbes, le timbre de voix à quelque chose d’apaisant. Puis au bout de quelques jours d’écoute intensive, je suis gavé. Et à chaque fois que je ressens à nouveau cette envie, un nouvel album est sorti. Avec un orchestre cette fois-ci ?

deadmau5 4 x 4=12. Je n’aime pas l’EDM. Les titres sont trop courts, les transitions trop rapides et imprévisibles, il n’a y pas cette montée en puissance de la techno d’il y a une dizaine d’années. Après le revival Takkyu Ishino, c’est au tour de deadmau5. Quel bonheur, ces pistes de 5-7 minutes !

Missy Elliot Respect M.E. Je me suis rendu compte dernièrement, en regardant sur youtube des élèves d’une école de danse newyorkaise réputée se déchaîner sur son récent WTF (Where They From) que la dame est indémodable. Dire que le premier titre de l’album, Get ur freak on, qui passait en boucle au Virgin Megastore de San Francisco, a 20 ans !

Solange A seat at the table Mon regard est attiré par ce personnage qui semble me dire ’Ecoutes-moi !’ La location me permet de me laisser aller à quelques folies. Bonne ou mauvaise surprise ?

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Fuji Marathon Festa 2017 in Fuji Speedway [3]

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[épisode précédent] 5 minutes avant le départ. Les enragés sont au premier rang et ne tiennent pas en place, sautillant sur place, presque la bave aux lèvres. Je décide de me placer au centre du petit millier de coureurs afin de ne pas partir trop vite, emporté par les coureurs trop rapides, sans pour autant être attardé par ceux qui sont venus faire leur jogging. A regarder les ’T-shirt souvenir’ autour de moi, il semble y avoir dans le coin un engouement certains pour le trail (Takayama, UTMF…) et les courses longues distances (Tsukuba100…). Le type devant moi semble avoir couru le semi de Kisogawa le week-end dernier. Pour ma part j’arbore le maillot de ma boîte, un peu triste de devoir courir seul …

Mon objectif est de finir autour d’1h55, temps plutôt moyen j’en conviens, mais après deux marathons j’ai perdu toute notion de vitesse. Le départ, sur la ligne de départ du circuit, est plutôt silencieux, nous sommes bien loin des acclamations de la foule du marathon de Nara. Je sautille gaiement plus que je ne cours, en saluant des inconnus dans les gradins, ivre de joie.

Je pars lentement, à mon rythme, un tour d’échauffement presque. Le vent souffle fort, le Mont Fuji est complètement caché par d’épais nuages. La montée en fin de circuit est plus raide que je ne le pensais. Dans l’interminable ligne droite des stands, on ne peut s’empêcher d’accélérer l’allure.

Le temps de rêvasser à propos de la vitesse que peuvent atteindre les voitures de course sur ce circuit, de râler à propos du fait qu’il n’y ait pas la moindre nourriture à disposition au ravitaillement et de venir à bout de la montée pour la deuxième fois, qu’un quart du parcours est déjà parcouru. Je me rends compte que je suis parti beaucoup trop lentement ! Sur une course de 5 heures mon retard est facilement rattrapable, mais il ne reste ’plus’ qu’une petite quinzaine de kilomètres. J’accélère dans la ligne droite des stands, fonce dans la descente, cours plusieurs kilomètres aux alentours des 5mn/km en serrant les dents – ce qui ne m’empêche pas d’être cloué sur place par le premier de la course qui vient de me prendre un tour.

Dernier tour : Vent de face, légère pluie. Je tiens le rythme, mais mon accélération me scie les jambes dans la dernière montée, mettant en évidence mon manque flagrant d’entraînement ! Je pique un dernier sprint dans la ligne droite, la langue pendante. 1h58. Mon temps est curieusement médiocre par rapport à mon état avancé d’épuisement. L’aire d’arrivée est pratiquement déserte, personne n’a daigné m’attendre ?! Je retrouve tout le monde en train de se réchauffer autour d’énormes marmites de ‘butajiru’, soupe à base de porc et de légumes, que je déguste à mon tour.

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‘Pourquoi j’écris, autant me demander pourquoi je respire …’ (3)

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Je viens de terminer mon douzième tome.

J’écris cérémonieusement en couverture la date de la dernière notation et parcours quelques pages. Six mois seulement se sont écoulés, mais que de voyages, de nouveaux lieux et de découvertes ! Hormis les mots d’adieux des collègues et quelques évènements importants, je n’y écris presque plus à propos du travail. Garder trace du moindre de mes déplacements sur Google Maps m’a permis d’être plus minutieux dans les dates et les lieux. Cela me fait sourire quand je prends en main mon premier carnet de constater qu’à l’époque une semaine entière tenait sur deux pages petit format alors qu’il me faut maintenant 4 pages grand format pour le week-end à lui seul.

Mon seul regret est d’y trouver un peu moins de cartes postales et de lettres qu’auparavant. La reprise du blog m’a laissé un peu moins de temps pour écrire à la famille ou aux amis, mon stock de papier à lettres et de timbres ne fait qu’augmenter. Si cela vous dit, on s’écrit ?

Fuji Marathon Festa 2017 in Fuji Speedway [2]

[Première partie] Je passe sous l’arche ’Bridgestone’ à l’entrée du circuit un peu plus d’une heure avant la course, et l’excitation monte ! Comme il s’agit d’un évènement ’pour toute la famille’ avec des distances allant du 3km au semi-marathon, le parking est déjà bien rempli. J’entends au loin le vrombissement des moteurs et les crissements de pneus. Me serais-je trompé de date ? Je me dirige vers ce qui semble être le bâtiment principal, ce qui m’offre une belle vue sur le circuit, vide, en contre-bas.

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Jusqu’au départ c’est la routine. Récupérer mon dossard, perdre un peu de temps à chercher le vestiaire plutôt mal indiqué, déposer mes bagages au centre toujours tenu par de très sympathiques lycéens et lycéennes du coin (’Good luck !’ me lance l’une d’elles, tout sourire ), puis m’échauffer en me baladant à droite à gauche. On trouve les habituels stands de bouffe locale de type B-gourmet, sur une scène improvisée des jeunes chantent un tube à la mode, trois voitures de course sont exposées. La température étant plutôt basse il n’y a pas grand monde, mais l’ambiance est bon-enfant, les gens sont aimables et je ne me vois pas harcelé de questions. J’assiste en tant que spectateur au départ du 10km. Certains coureurs sont déguisés, d’autres partent en trombe telle une Formule 1. Tout cela me semble très amusant !

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‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (4) Premier A350 à NGO

Un client m’a raconté que chaque année au Nouvel An il venait à l’aéroport. Voir les avions décoller avec légèreté puis prendre de l’altitude dans le ciel bleu sans nuages, m’a-t-il expliqué, est pour lui la meilleure façon de commencer l’année d’une manière positive, ou ‘sur une courbe ascendante’ selon ses mots. Puisque c’est de bonne augure, je me permets donc t’entamer cette nouvelle année avec un billet sur l’aviation.

Le 29 décembre dernier, un Airbus 350 a atterri pour la première fois à Nagoya. Le dernier né d’Airbus ne compte encore qu’autour de 150 exemplaires, détenus par une douzaine de compagnies aériennes. Principalement utilisé sur les vols long-courrier reliant l’Asie à l’Europe, au Japon on peut l’apercevoir depuis quelques mois à l’aéroport d’Osaka ou Tokyo (Haneda), et j’attendais avec beaucoup d’impatience sa première venue à Nagoya.

Et manifestement, je n’étais pas le seul. Par rapport aux aéroports cités plus haut nous nous sentons toujours un peu délaissés en terme de nouveautés. Même s’il s’agit à chaque fois surtout d’un coup de marketing et qu’il faut ’comparer ce qui est comparable’, lire il y a de cela quelques mois que l’A350 de Lufthansa desservira l’Osaka (KIX)-Francfort dans le Journal de l’aviation m’avait rendu plus jaloux que nécessaire. Il ne faut donc pas s’étonner, malgré le froid, de voir les plus téméraires aux aguets à partir de 6h du matin pour assister au spectaculaire ‘water salute’ de l’A350 de Vietnam Airlines lors de son arrivée vers 6h30.

Le départ est prévu à 10:30, ce qui est déjà beaucoup plus abordable. La concurrence n’en est que plus rude, ça bataille pour prendre position. Comme c’est la première fois qu’il part de cet aéroport, difficile de prévoir à quel endroit de la piste il va décoller. Tout le monde se place vers le nord, laissant présager une longue glissade tout le long de la piste qui nous laisserait profiter de la svelte silhouette de l’appareil. N’étant pas de nature à me battre, je me place tranquillement au sud, et converse avec un agréable monsieur dans la soixantaine, ’pacifiste’ lui aussi, qui distribue ses magnifiques photos d’avions aux enfants alentours.

Bientôt, la vedette du jour quitte son spot et se place en bout de piste, s’arrête un instant puis démarre. ’Bien qu’à bloc, les moteurs sont silencieux !’, ’le reflet du soleil sur la carlingue va nous pourrir nos photos ?’ sont les deux seules pensées qui me traversent l’esprit avant que l’engin ne décolle contre toute attente dans le premier tiers de la piste malgré le peu de vent.

‘Ils l’ont fait exprès ?’ est la question que tout le monde se pose. Certains râlent devant ce comportement de petit jeune insolent, je suis plutôt amusé. Les enfants s’en moquent éperdument. Les avions, les aéroports, les gens qui y viennent … quel monde formidable !

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‘Sukoshi mo samukunai wa …’

L’été au Japon, je ne suis pratiquement jamais à la maison puisqu’il fait trop beau pour s’enfermer. En hiver … je n’y suis pas non plus, puisqu’il y fait quasiment aussi froid qu’à l’extérieur. Oh, attendez …

On sort dehors et il fait froid, c’est normal, après tout, c’est l’hiver. Ce qu’il y a de pénible en hiver au Japon, c’est qu’il fait à peine moins froid dans la maison […] Les constructions en bois n’isolent pratiquement pas, le chauffage central est quasi-inexistant.’ J’écrivais ces lignes il y a de cela presque dix ans sur ce même blog. Nous habitons toujours dans cette même maison, et il y fait toujours aussi insupportablement froid – sans que je puisse vraiment m’en plaindre de peur de me faire mettre à la porte.

Les choses se sont gâtées lorsque j’ai changé de service en 2011. Comme la gare la plus proche n’est pas bien desservie, il me fallait faire 20 minutes à vélo jusqu’à la gare où passe l’express qui me permet d’arriver à l’heure. Je quitte la maison à 5 heures du matin, et si en plein été cette petite balade matinale était même plutôt agréable, au mois de février 2012, j’étais vraiment à deux doigts de la dépression.

L’hiver suivant, je me suis permis de me rendre jusqu’à la gare en voiture. Payer 500 yens de parking par jour même pendant 3 mois valent mieux qu’un congé maladie prolongé ! Seulement voilà, le manque d’effort physique à fait de moi un larve. Je travaille mal et tombe plusieurs fois malade.

L’hiver ’13-’14, j’enfourche à nouveau mon vélo, qu’il neige où qu’il pleuve. Sous le déluge je pédale de toutes mes forces, grillant les feux et hurlant comme un dégénéré. Quand j’arrive à la gare, je suis complètement réveillé. Pour me réconcilier avec les choses agréables qu’offrent l’hiver, je me remets au ski.

Depuis, en été mais surtout en hiver, je marche jusqu’à la gare, rentre du travail en courant ou en marchant, avec même parfois un arrêt à la piscine. Mon T-shirt préféré dit ’Everday Triathlete’ !

Les jours de congés, quand je ne cours pas, je me réfugie dans tout ce que les environs comptent comme cafés, ou mieux, les bibliothèques – gratuites. J’y écris, étudie, lis ou rêvasse, traîne vaguement dehors aux alentours de midi quand il fait bon. L’hiver, même pas froid !

 

 

Fuji Marathon Festa 2017 in Fuji Speedway [1]

La veille de la course, c’est le coup de théâtre : ’J’ai la crève, pas moyen de courir demain.’ Mon collègue, qui devait nous amener en voiture, déclare forfait. En vérité je ne suis qu’à moitié surpris puisque j’avais moi aussi attrapé un gros rhume le week-end précédent. Me voilà seul, obligé de conduire, et cela fait une semaine que la météo annonce de la pluie pour le jour J … J’hésite un moment, mais l’inscription est payée, cela fait deux mois que je m’entraîne pour cette course et mon collègue s’en voudra si je n’y participe pas. Allons-y, cela fera un truc à raconter sur le blog !

J’avais prévu de prendre la route vers 6h du matin avant que tout le monde se réveille, mais j’ai tellement bien dormi que je n’ai aucune peine à me lever tôt et file en douce autour de 5h passées. La course commence à 11h, il faut trois heures pour faire le trajet, j’ai presque le temps de passer faire un tour à l’aéroport de Shizuoka, qui est sur la route ! Si ce n’est que bien sûr il pleut … Si je fais toujours le chauffeur pour la famille, je me demande si ce n’est pas la première fois que je fais un tel trajet tout seul. J’en profite pour faire le beauf, fais gueuler Knights of Cydonia’ (Muse), ’Run Boy Run’ (Woodkid), le temps d’écouter en entier ’Discovery’ (Daft Punk) que je suis déjà à mi-chemin, aux alentours de Kakegawa.

Pause-café. Il ne pleut plus, mais il fait huit maigres degrés à peine. Cela ne m’inquiète pas plus que cela, j’ai préparé mes affaires comme si je partais pour une semaine, afin de pouvoir faire face à tout changement climatique, du beau temps au déluge. En effet, si jamais il m’arrivait la mauvaise idée de tomber malade, je peux être certain de ne plus pouvoir participer à la moindre course de toute ma vie.

De Kakegawa à Shizuoka, un tronçon d’autoroute prototype permet exceptionnellement de rouler à 110km/h au lieu des 100km/h habituels. 110 sur de longues lignes droites à trois voies ! Dans les même conditions, en Europe personne ne roulerait à moins de 130 – et le même trajet prendrait 30 minutes de moins. Alors que je roule déjà ’à vitesse démesurée’, bien sûr l’un ou l’autre fou du volant en voiture de sport me double à vive allure …

Je sors de l’autoroute un peu avant 9h. Je mets la radio locale, la météo annonce des températures bien basses pour la saison et la moitié des noms de villes qui défilent me sont inconnues, preuve que je suis bien dans le Kantô.

Je meurs de faim et la course démarre dans deux heures. Il doit certainement y avoir un stand de nourriture au départ de la course mais en plus d’être horriblement chers, les menus bien gras ne sont pas faits pour les coureurs, mais pour leurs familles qui vont grelotter dans le froid pendant deux heures. Dans une aire de repos j’engouffre vite-fait un plat de soba chaud ou flotte un morceau de tofu frit en forme de Mont Fuji. Vu le temps, c’est peut-être bien sous cette forme uniquement que je le verrai aujourd’hui. 

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