‘Never do, what they do …’

‘Lost generation, fast paced nation. World population confront they frustration …’

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C’est maintenant à la mode depuis deux ou trois ans ; Au Nouvel An, faire la queue plusieurs heures avant l’ouverture des magasins pour être parmi les premiers à s’arracher un – ou plusieurs – Fukubukuro, paquets-surprise comprenant un lot d’articles à prix cassés d’une marque ou d’une enseigne de magasin. S’entasser ensuite dans les shopping-mall, mettre une heure rien que pour trouver une place de parking, attendre une autre heure pour trouver une table au restaurant, faire ses courses dans un boucan monstre, et se refiler la grippe en prime. Consommer, consommer, consommer … Argent, temps, énergie, tout y passe. Quelle merveilleuse manière de commencer l’année !

Afin d’éviter la foule et les embouteillages, nous ne sortons pas d’un rayon de 10km autour de chez nous. Nous nous rendons au temple le 4 janvier généralement. Après tout le monde, puisque personne n’a encore été capable de m’expliquer pourquoi il fallait impérativement s’y rendre avant, inutilement bousculé par la foule. Les parcs sont pratiquement déserts. Basket, foot, freesbee et cerf-volant sont au programme. ‘Mais … les enfants n’ont pas froid ?’ me demande-t-on souvent. ‘Froid ? Mais … non. Bien sûr que non !’ A force de courir, c’est à peine s’ils ne se plaignent pas d’avoir trop chaud.

Au Nouvel An, à force de faire tout différemment des autres, c’est à chaque fois la saison des remise en question. A propos de moi, mais aussi de ma famille. Suis-je, sommes nous bien au bon endroit ? Comment va se passer cette année, à l’école, au travail ? Cette nouvelle année nous apportera-t-elle une réponse à ces questions ?

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Push stop to listen [2] Sakae, Nagoya.

Bien que je ne sois qu’à 20 minutes en train du centre de Nagoya, je ne m’y rends pas souvent, préférant souvent la campagne, les montagnes, la mer. En effet, La ville m’épuise autant qu’elle m’excite et m’inspire. Quand je réfléchis pourquoi, je me rends compte que c’est à cause du bruit qui y est omniprésent.

J’ai sorti mon dictaphone et tenté de capturer quelques bribes de ce brouhaha qui n’en est peut-être pas un tant le son de la ville est particulier. Une manière de dompter la bête.

D’ailleurs, mon voisin de palier a eu la même idée, sur made in tokyo.

‘Sukoshi mo samukunai wa …’

L’été au Japon, je ne suis pratiquement jamais à la maison puisqu’il fait trop beau pour s’enfermer. En hiver … je n’y suis pas non plus, puisqu’il y fait quasiment aussi froid qu’à l’extérieur. Oh, attendez …

On sort dehors et il fait froid, c’est normal, après tout, c’est l’hiver. Ce qu’il y a de pénible en hiver au Japon, c’est qu’il fait à peine moins froid dans la maison […] Les constructions en bois n’isolent pratiquement pas, le chauffage central est quasi-inexistant.’ J’écrivais ces lignes il y a de cela presque dix ans sur ce même blog. Nous habitons toujours dans cette même maison, et il y fait toujours aussi insupportablement froid – sans que je puisse vraiment m’en plaindre de peur de me faire mettre à la porte.

Les choses se sont gâtées lorsque j’ai changé de service en 2011. Comme la gare la plus proche n’est pas bien desservie, il me fallait faire 20 minutes à vélo jusqu’à la gare où passe l’express qui me permet d’arriver à l’heure. Je quitte la maison à 5 heures du matin, et si en plein été cette petite balade matinale était même plutôt agréable, au mois de février 2012, j’étais vraiment à deux doigts de la dépression.

L’hiver suivant, je me suis permis de me rendre jusqu’à la gare en voiture. Payer 500 yens de parking par jour même pendant 3 mois valent mieux qu’un congé maladie prolongé ! Seulement voilà, le manque d’effort physique à fait de moi un larve. Je travaille mal et tombe plusieurs fois malade.

L’hiver ’13-’14, j’enfourche à nouveau mon vélo, qu’il neige où qu’il pleuve. Sous le déluge je pédale de toutes mes forces, grillant les feux et hurlant comme un dégénéré. Quand j’arrive à la gare, je suis complètement réveillé. Pour me réconcilier avec les choses agréables qu’offrent l’hiver, je me remets au ski.

Depuis, en été mais surtout en hiver, je marche jusqu’à la gare, rentre du travail en courant ou en marchant, avec même parfois un arrêt à la piscine. Mon T-shirt préféré dit ’Everday Triathlete’ !

Les jours de congés, quand je ne cours pas, je me réfugie dans tout ce que les environs comptent comme cafés, ou mieux, les bibliothèques – gratuites. J’y écris, étudie, lis ou rêvasse, traîne vaguement dehors aux alentours de midi quand il fait bon. L’hiver, même pas froid !

 

 

‘Paysan lëtz !’ (1) satsuma-imo

Nous tenons depuis à peu près trois ans un petit potager. Vraiment pas grand chose, un petit plan de terre de vingt mètres carrés qu’une amie nous a cédé parce qu’elle n’avait plus le temps de s’en occuper. Je m’en occupe en autodidacte, pioche des informations dans les bouquins à la bibliothèque et demande des conseils à mes voisins de potager expérimentés, mais je reviendrais plus longuement sur le sujet une prochaine fois.

En automne, c’est la saison de la récolte des satsuma-imo, les patates douces ! Pour les enfants il s’agit plus de sucreries que de légumes une fois grillées au four, mais non seulement les patates douces, c’est bon, mais en plus ils peuvent s’en donner à coeur joie au moment de les déterrer. Bottes aux pieds, truelles à la main, il faut les voir creuser à leur recherche en riant, déjà pleins de boue après deux minutes à peine …

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’Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose …’

… qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre’.

Après avoir profité de chaque opportunité pour me balader à droite et à gauche pendant tout l’été, puis achevé par des horaires plutôt corsés, je suis sur les rotules depuis le début du mois. Je suis lessivé, mais ne parviens pas à rester en place plus de deux heures. La télé m’ennuie, m’agace, m‘écœure. Même mon simulateur de contrôle aérien me lasse au bout d’une heure. Quand je bouquine je ne peux m’empêcher de prendre des notes, j’étudie plus que je ne lis, c’est épuisant !

Alors quel que soit le temps, je finis par sortir de chez moi. Avant-hier je suis allé à l’exposition intitulée ’Old Masters from the State Hermitage Museum’, regroupant de superbes toiles de la collection du Musée de l’Ermitage. Hier j’ai fait 13km de cross-country, montant et dévalent tout ce que compte comme côtes et pentes le plus grand parc alentours.

Et là, le temps de concocter cet article que je sens déjà des démangeaisons dans les mains, dans les jambes. Il fait 30 degrés, le ciel est bleu et sans un seul nuage … C’est épuisant !

Le mot du jour : Hanbôki

Chaque année ça recommence. Si aux alentours du 15 août la France a ses chassés-croisés sur les autoroutes, le Japon est lui aussi sens dessus-dessous durant l’O-bon, période durant laquelle -en principe ‘les gens des grandes villes retournent à leur ville natale et s’occupent des tombes de leurs ancêtres‘.

Selon les entreprises et les hasards du calendrier, les salary-men sont en congés payés pendant une période de 7 à 10 jours voire plus s’ils parviennent à faire le pont. Oui, vous savez maintenant pourquoi Paris, Madrid et Londres ou encore Guam, Hawaï et Séoul pullulent de touristes japonais à cette période ! Alors qu’un billet d’avion pour la Corée du Sud coûte un bras, ne serait-ce que m’imaginer le prix d’un séjour d’une semaine à Hawaï d’un père de deux enfants me donne le vertige.

Et pourtant, l’aéroport est plein à craquer. A tel point que nous ne sommes pas autorisés a poser congé. Et nous voilà donc à devoir face à des hordes de voyageurs arrivant en train, en voiture ou en bus. L’aéroport a cela de magique que le voyage commence avant même que l’avion décolle. Les voyageurs ne sont plus eux même, surtout quand ils voyagent en groupe ou en famille : Ca rit, ça parle fort, et parfois c’est la panique : ’Non, les 400 passagers de ce vol n’attendront pas sagement 15 minutes ton arrivée juste parce que tu as eu une panne de réveil !’

Hanbôki, en anglais, se traduit par ‘busy saison’. En français je serais tenté de traduire le tout par ’C’est la foire !’ Encore une semaine a tenir !

‘Toute cette pluie, c’est jamais que de l’eau’

Pour moi qui adore les statistiques, l’obsession qu’ont les japonais a referencer les evenements climatiques et naturels majeurs tout au long de l’annee me fait jubiler : Eclosion et fanements des fleurs de cerisiers, naissance du premier typhon ou premiere neige … Tous sont homologues par la ‘Japan Meteorological Agency’, par region, puis relayes dans les differents medias.

Le principal sujet du moment, c’est évidemment la saison des pluies ! Le 7 juin dernier, en ouverture du journal de 19h, la speakerine annonçait d’un air grave : ‘Aujourd’hui, c’est officiel, la région de Tokai entre en saison des pluies !’ Chaque année j’attends que dans un vent de folie ces coincés-du-derrière de la NHK sortent en plein plateau un parapluie, sautillent en fredonnant ‘Singing in the rain’, mais non, cette année non plus, le miracle n’aura pas lieu.

‘Saison des pluies ? On crève pas de chaud depuis une semaine ?’ Mon collègue a eu la même réflexion que moi. La saison des pluies porte cette année bien mal son nom, on a avoisine les 30 degrés pendant 10 jours. Cela ne me gène nullement en soi puisque j’ai horreur de cette saison, je crains juste que cela ne retarde l’arrivée de ma sacro-sainte saison estivale. La saison des pluies, la vraie, désagréable avec son air irrespirable, le plus tôt elle arrivera, le plus tôt on en aura terminé.

Dans la nuit du 20 au 21 juin, il s’est enfin mis a pleuvoir. Sous le déluge, les trains se sont même arrêtés et quelques vols ont été annulés. Je n’en demandais pas tant, désolé. La météo dans le journal ne saurait être plus explicite …

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