Archive for the ‘travail’ Category

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Le mot du jour : Idô

septembre 25, 2017

Chaque année, pendant la deuxième moitié des mois de mars et de septembre, au travail on a notre ’mercato’ à nous. Pendant cette période les RH rôdent dans les bureaux et les supérieurs sont de mauvais poil, embarrassés d’avoir à faire des choix difficiles. Chacun est à l’affût de la moindre information, les rumeurs vont bon train … Plus personne ne travaille, c’est plutôt contre-productif en vérité.

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Afin que tout ne se fasse pas dans notre dos, au début du mois on nous a demandé notre avis ! Chaque employé, et ce quelque soit son grade, se voit envoyer un formulaire en ligne : ’Est-ce que mon poste actuel me satisfait ? Quel sont mes objectifs ? Est-ce que je souhaite changer de service ?’ Chacun remplit son formulaire en douce afin de ne pas vexer les collègues : Ouvertement avouer vouloir se faire muter, c’est un peu comme hurler ’je n’en peux plus de vous tous !’ au milieu du bureau.

Après de longues délibérations, les mutations sont généralement officialisées le 20. Ce jour-là chaque employé retient son souffle au moment d’entrer au bureau. A peine assis qu’un haut-placé débarque de nulle part : ’Tu as cinq minutes ?’ Tout le monde se regarde tandis que tu es entraîné vers une pièce à part … Certains supérieurs semblent prendre plaisir à ce petit jeu, comme ce type qui d’habitude ne t’adresse pas la parole mais qui ce jour-là viens vers toi pour … te demander un service. D’autres encore sont plus discrets, te donnent rendez-vous par téléphone.

Alors que la journée se poursuit et que la Terre continue à tourner, il suffit de voir les mines réjouies, les figures décomposées pour savoir qui va bouger ou non.

Quant à moi ? Cela fait 6 ans que je suis dans le même service, 3 ans que je demande à me faire muter, mais toujours rien. Il est vrai que je ne vaux pas 222 Millions de Yens ! On verra en mars …

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Le mot du jour : Hanbôki

août 12, 2017

Chaque année ça recommence. Si aux alentours du 15 août la France a ses chassés-croisés sur les autoroutes, le Japon est lui aussi sens dessus-dessous durant l’O-bon, période durant laquelle -en principe ‘les gens des grandes villes retournent à leur ville natale et s’occupent des tombes de leurs ancêtres‘.

Selon les entreprises et les hasards du calendrier, les salary-men sont en congés payés pendant une période de 7 à 10 jours voire plus s’ils parviennent à faire le pont. Oui, vous savez maintenant pourquoi Paris, Madrid et Londres ou encore Guam, Hawaï et Séoul pullulent de touristes japonais à cette période ! Alors qu’un billet d’avion pour la Corée du Sud coûte un bras, ne serait-ce que m’imaginer le prix d’un séjour d’une semaine à Hawaï d’un père de deux enfants me donne le vertige.

Et pourtant, l’aéroport est plein à craquer. A tel point que nous ne sommes pas autorisés a poser congé. Et nous voilà donc à devoir face à des hordes de voyageurs arrivant en train, en voiture ou en bus. L’aéroport a cela de magique que le voyage commence avant même que l’avion décolle. Les voyageurs ne sont plus eux même, surtout quand ils voyagent en groupe ou en famille : Ca rit, ça parle fort, et parfois c’est la panique : ’Non, les 400 passagers de ce vol n’attendront pas sagement 15 minutes ton arrivée juste parce que tu as eu une panne de réveil !’

Hanbôki, en anglais, se traduit par ‘busy saison’. En français je serais tenté de traduire le tout par ’C’est la foire !’ Encore une semaine a tenir !

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‘Fallait pas m’quitter, tu vois. Il est beau le résultat’

septembre 1, 2013

Admis !

Quel soulagement de ne plus avoir à trimballer mes lourds manuels ni à subir au quotidien la pression des examens ! J’ai beaucoup appris sur moi-même et surtout gagné en efficacité puisque l’on n’étudie pas de la même manière lorsque l’on est étudiant et lorsque l’on est père de deux enfants et travailleur à plein temps. Avec ces nouveaux ‘acquis’ je me prends à rêvasser à propos du prochain examen à passer, pour le plaisir cette fois.

Après deux mois passés à utiliser le moindre intervalle de 5 minutes pour étudier, la demie-heure de train pour me rendre au travail me semble interminable maintenant que je n’ai aucun objectif concret.

Au travail, cet examen n’est qu’une simple étape, et le commencement d’un paquet d’ennuis …

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‘Tu peux pas m’test !’

août 27, 2013

Mon ete a passablement ete gache par quelque odieux examen que l’on me demande de passer dans le cadre de mon travail. Quand j’ai appris la nouvelle il y a de cela deux mois j’ai beaucoup rale. Mais bon, je suis adulte ( mais pas vaccine, oh que non, contre la betise ) et je me suis fait une raison. Non seulement je vais le reussir leur foutu examen, mais en plus je vais leur coller un sans-faute qui va leur clouer le bec !

Motive voire enrage, j’ai meme trouve le moyen de m’organiser un tant soit peu pour etre pret le jour J. Etudier dans le train ou le soir une fois les enfants couches, filer a la bibliotheque le matin les jours de conges. Au bout d’un mois d’etudes, je dois meme avouer que j’ai commence a (re)prendre gout aux etudes.

Je suis arrive serein a l’epreuve. Sur de moi et determine, peut-etre ai-je meme pu paraitre arrogant vis-a-vis de mes deux collegues qui passaient l’epreuve en meme temps que moi.

L’examen ( 70 questions a choix multiples ) commence plutot tranquillement. Surviennent quelques questions sorties de je-ne-sais-ou. Je panique, il me faut deux ou trois longues minutes pour reprendre mon calme. J’ai lu tous les livres en long, en large et en travers mais certains termes me sont completement inconnus, les tournures de phrases m’embrouillent. J’utilise pleinement les 80 minutes que dure l’epreuve et suis le dernier a sortir de la salle. Mes collegues sont sortis quinze minutes avant moi et ne m’ont meme pas attendus. Je suis completement lessive, je tente de verifier quelques reponses dans mes bouquins mais suis incapable de me souvenir des questions. Je saute vaguement dans un wagon, me traine de la gare jusqu’a la maison sous la pluie, un peu desespere. Sans-faute mes fesses, je ne suis meme pas sur d’etre tout simplement admis.

En 7 ans l’examen n’a ete rate que par deux personnes dans notre entreprise. Je vois deja d’ici deux ou trois personnes  intransigeantes me tomber dessus en cas d’echec. Le fait d’etre le premier non-asiatique de la boite a le passer ne me servira pas d’excuse ; On est au Japon et en tant qu’employe d’une boite japonaise ayant pour clients des japonais, je me dois d’etre aux meme niveau que les japonais. Point !

Les resultats seront divulgues vendredi. Alors j’attends.

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je paparazzie, tu paparazzies …

septembre 7, 2008

L’un des choses amusantes lorsque l’on travaille dans un aéroport, c’est que l’on y croise tout un tas de célébrités. ‘Tout un tas’, j’exagère quelque peu puisque toute célébrité qui se respecte emprunte Narita ou Haneda. Du coup, nous a Nagoya, on n’a droit qu’aux miettes, aux stars internationales locales, comme par exemple la patineuse Asada Mao, les joueurs de l’équipe de baseball de Nagoya ou encore l’actuel entraîneur de l’équipe de foot, Stojkovic.

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– Euh … tu peux m’aider ? Je crois qu’il est brésilien.

décembre 11, 2007

Mes collègues, surtout ceux du rayon des parfums et cosmétiques sollicitent assez fréquemment mon aide comme interprête lorsque le client ne comprend pas – ou ne veut pas comprendre – pourquoi on lui refuse d’acheter certains produits. Dans les faits il s’agit de restrictions résultant de la lutte anti-terroriste, et sauf cas extrêmes la plupart des clients n’y trouvent rien à redire, mais là n’est pas le but de mon propos.

Pour faire simple, mes collègues distinguent trois familles linguistiques : les langues asiatiques, l’anglais, et … tout ce qui n’est ni asiatique ni anglais. Du coup, une fois sur deux la langue que l’on me demande de traduire n’a absolument rien à voir avec celle dont on m’avait parlé à la base. Ainsi, le brésilien cité plus haut était en fait italien. Passe encore. L’autre jour un soi-disant français était en fait allemand et une fois même, un chinois en fait français. Pourquoi pas. Je comprends l’italien et parle allemand, on s’en sort encore.

Seulement parfois, rien à voir. Un soi-disant hollandais était en fait russe et un allemand mexicain. Je ne parle ni russe ni espagnol, et on a dû s’y mettre à trois pour lui faire comprendre ce que nous devions lui dire.

Vu autrement, ces trois catégories impliquent quelque chose d’affolant : Puisque je parle français, allemand et une langue aussi rare que le luxembourgeois, forcément, il est des personnes qui sont persuadées que je parle également l’italien, le finlandais ou même l’arabe. Mieux, ils oublient même parfois que certains occidentaux parlent parfois parfaitement japonais. Bien qu’occidentaux, dans certains cas le japonais est même la seule langue en commun que j’aie avec certaines personnes. Il m’est ainsi déjà arrivé de converser pendant 15 minutes en japonais avec un canadien.

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on se sent moins seul au pluriel

décembre 7, 2007

Je m’imagine aujourd’hui tout seul ici. Ou plutôt, j’essayais de savoir ce qu’il serait advenu de moi avec le même travail si j’avais été seul. Serais-je devenu moi aussi un ‘hataraki man’, ou en bon français, un workaholic ? Ou, incapable de me lever en plein milieu de la nuit par un froid de canard, aurais-je déjà jeté l’éponge et changé de travail ? Peut-être serais-je peut-être même déjà rentré au pays ?

D’une part, je pense que je me serai investi encore davantage dans mon travail. Pourquoi rentrer alors que personne ne m’attend et que je suis payé pour ne rien faire ? Celui qui veut travailler trouvera des milliards de choses à faire, notamment tout un tas de statistiques sur tout et n’importe quoi. Ces calculs ne sont pas de la plus haute importance, au début je m’en servais surtout pour meubler les périodes creuses pendant lesquelles les clients se font rares. Puis en fait de compte, comme quinze ans plus tôt lorsque je calculais par exemple le temps de trajet moyen en bus de la maison jusqu’à l’école ( 22 minutes et quelques ) ou la moyenne de mes notes sur l’intégralité de ma scolarité ( 7.36/10 ), j’ai repris goût à ce genre de bêtises et me retrouve parfois presque à regretter de devoir rentrer chez moi. Et puis d’un autre côté il y a ces journées où tout me gonfle, où je n’ai qu’une envie, c’est de rentrer à 16h00 piles, et d’ailleurs, dans ces cas-là c’est ce que je fais.

Si j’avais été seul, j’aurais probablement déjà abandonné ce travail, j’en suis pratiquement certain. J’aurais été serveur ou caisser tout près de chez moi, et tel que je me connais, j’aurais probablement déjà acheté toutes les consoles de jeu sur le marché et claqué l’autre moitié de mon salaire en cds et en repas à droite à gauche parce que j’aurais trop eu la flemme de me faire à manger. Au bout d’un an, j’aurais craqué, serais rentré au pays, trouvé un emploi bien payé mais sans aucun rapport avec le japonais. La boucle serait bouclée, retour à la case départ, décembre 2001.

Bref, merci !