‘I got to get away, I want to get away’ (Yeah Yeah Yeah)

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Nous avons failli habiter ici. Lors de sa construction nous avions visité ce bel immeuble situé au bord de mer. La plage, toute proche. Plage artificielle, certes, mais plage quand même. Nous étions à l’époque tous excités rien que d’imaginer ce que nous allions y faire les jours de congés. Promenades à vélo, course à pied, beach-volley et planche-à-voile … 

Il fait déjà très chaud pour cette fin de mois de juin. Je viens exprès jusqu’ici pour courir et profiter de l’air marin, bien moins désagréable que l’air moite de la saison des pluies. Je cours vers le sud en direction de l’aéroport, dont on peut apercevoir la tour de contrôle. C’est l’heure de pointe aux arrivées, toutes les 5 minutes un avion passe à basse altitude le long de la rive sur ma droite, ce qui m’offre un peu de distraction alors que la température grimpe et que les jambes se font lourdes. Au bout de 45 minutes de course je fais le chemin en sens inverse. J’ai maintenant pour divertissement les vols nationaux partant pour Hokkaido. Lorsque le vent souffle du sud vers le nord, après le décollage ceux-ci ont la particularité de faire un grand virage vers l’ouest puis de remonter la baie d’Ise en son centre, procédure qui leur permet de ne pas entrer en collision avec les vols entrants. 

Courir pendant une heure et demie avec le vrombissement incessant des moteurs tout autour de moi m’a ouvert l’appétit – et presque donné le torticolis. Je m’étire vaguement puis décide d’aller prendre quelques photos d’avions à partir d’un spot que j’ai découvert par hasard lors de mon tour d’échauffement. La jetée en béton de 600 mètres qui coupe la baie en angle droit est envahie de tout son long par des pêcheurs à la ligne. Je me fais une place et attends sous le soleil au zénith. L’emplacement est exceptionnel, je suis pratiquement sous l’avion. Malheureusement il y a très peu de vols à cette heure-ci, et quand il y en a ce sont de petits appareils. Je reste un peu sur ma faim, il me faudra venir plus tôt, en matinée. Entre deux vols j’ai eu tout le loisir d’observer diverses sortes de bateaux. Je ne m’étais jamais rendu compte qu’il y en avait de toutes les formes possibles et imaginables.

Les pêcheurs sont absorbés dans leurs pensées. Hormis quelques enfants turbulents ayant perdu patience à force d’attendre que ça morde on n’entend que le bruit des vagues, le piaillement des oiseaux et le bruit sourd des jet-ski, des bateaux et des avions qui quadrillent mer et ciel. Si j’ai toujours beaucoup de difficultés à m’étirer correctement après mes entraînements, ce havre de paix m’a grandement aidé à recharger mes batteries. 

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Je cours toujours (ça t’intéresse ?)

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Après un semi-marathon laborieusement terminé au Fuji Speedway en décembre 2017, je me suis accordé un peu de repos et me suis remis à courir début février 2018. Afin d’améliorer mon temps et de varier mes entraînements, j’ai commencé à participer aux sessions d’un club d’athlétisme local. J’ai ainsi redécouvert le plaisir de courir en groupe, d’avoir à forcer un peu pour ne pas être à la traîne, la vitesse n’étant pas mon fort. Alors que je fais des tours de piste au stade, voir des jeunes entre 10 et 15 ans s’entraîner à côté de moi m’a rendu nostalgique, je faisais pareil à leur âge. 

Début juin je suis déjà en mesure de courir 20km deux jours d’affilée, et avec le recul je me dis que j’y ai été un peu trop fort. Le marathon de Shimada (Shizuoka pref.) auquel je m’étais inscrit ayant lieu fin octobre, même motivé je ne vois pas comment mon corps aurait tenu le rythme pendant encore quelques mois. 

Juillet et son interminable saison des pluies. J’ai essayé de courir sous la pluie. Ce n’est même pas rafraîchissant, juste désagréable. Août, la canicule. Il me faut engloutir un litre d’eau rien que pour parcourir 5 petits kilomètres au retour du travail, puisqu’il fait encore 33 degrés à dix heures du soir ! Fin août on me propose un important voyage d’affaire qui s’avérera très enrichissant professionnellement parlant, mais sur le plan sportif va pratiquement réduire à néant mes efforts fournis jusque là. Je ne peux cependant m’empêcher d’emporter dans mes valises ma tenue de sport, et m’offre deux sorties aux alentours de l’aéroport de Munich au petit matin – un moment inoubliable dont il me faudra reparler dans un autre article. 

Il ne me reste plus qu’un petit mois. Je peine à courir de manière satisfaisante ne serait-ce qu’une dizaine de kilomètres et me vois obligé de déclarer forfait. J’ai pour habitude de dire que tant que la fatigue est plus mentale (ne pas avoir envie de courir) que physique (ne pas pouvoir courir) il vaut mieux se secouer les puces, sans quoi les remords s’installent. J’écris ces lignes avec un peu de regret, preuve que les choses auraient pu mieux se passer si je m’y étais pris autrement. 

Je me suis inscrit hier au marathon d’Ibigawa (Gifu pref.), qui aura lieu le 10 novembre. C’est une course assez réputée dans la région, un beau parcours au creux des montagnes, non loin du mont Ibuki. Les inscriptions se font sur internet à une heure donnée. Comme tout le monde se rue sur le site en même temps, le réseau est complètement saturé. J’ai passé un quart d’heure a rafraîchir la page toutes les 10 secondes, mais suis miraculeusement parvenu à m’inscrire hier soir. 

J’ai repris en douceur l’entraînement ce mois-ci. Je prends beaucoup de plaisir à réfléchir à la manière dont je vais pouvoir m’entraîner en juillet et août alors que l’on a déjà eu 33 degrés la semaine dernière. Me réfugier dans les montagnes de Nagano ou dans les bois ? Courir à 4 heures du matin, alterner avec des sessions à la piscine, ou bien repousser les longues sorties au mois de septembre ? 

‘Etoile des neiges …’ Yabuhara Kogen (Nagano)

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Le vendeur du magasin de sport m’a longuement expliqué que l’année prochaine, skis et snowboards disparaîtront vraisemblablement des rayons. Qu’en raison du réchauffement climatique (?) il neige de plus en plus tard et la saison des sports d’hiver se fait chaque année plus courte. Que la population de skieurs diminue, que les investissements sont trop importants et risqués … Il m’aurait presque fait pitié ! Mais ce ne seront pas ses lamentations qui me feront acheter une paire de skis. Quoiqu’il en soit, c’est un fait qu’alors que l’année dernière nous passions un Noël blanc sur de belles pistes, il n’y a que 80 petits centimètres de neige à Yabuhara, où nous faisons notre première sortie cette saison. 

Je ne suis pas seulement un ame-otoko (homme qui amène la pluie), mais également un yuki-otoko (homme qui amène la neige) semble-t-il. Alors qu’il a fait beau pendant une semaine, le temps se dégrade au fur et à mesure que nous approchons. Tout au long de la journée il neige et le vent est plutôt violent en hauteur. L’après-midi la neige se fait lourde, nous sommes trempés et grelottons sur le télé-siège avec Léo. D’habitude tout le monde râle lorsque les remonte-pente s’arrêtent, mais aujourd’hui nous levons le camp aux alentours de 15h. Le parking pourtant plein à craquer le matin est déjà presque vide, preuve que nous aurons tout de même été téméraires !

‘We are, Sea Horses’

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Cela faisait un petit moment que Léo réclamait pour aller voir un match de basket. Comme j’en parlais ici, depuis le début de la saison NBA en octobre je regarde les highlights des matchs sur internet, à défaut de regarder le match en direct à la télé, j’écoute les commentaires à la radio, prétextant que cela fait progresser Léo en anglais.

Il y a trois clubs dans la préfecture : Les Nagoya Diamonds à Nagoya, Mikawa Sea Horses à Kariya, et les San-en Neophoenix à Toyohashi. Les Sea Horses jouaient à domicile pour le premier match de l’année contre l’équipe d’Hokkaido. J’ai fait monter Léo en voiture sans lui dire où nous allions, à la vue du grand stade et du parking plein à craquer il était tout excité.

S’il parait que le basket à la cote ces derniers temps, je ne m’attendais pas à un tel monde. Le match débute à 14h, l’ouverture des portes se fait à 12h. Comme j’avais pris des places en tribune libre et ne savais pas s’il y aurait du monde je m’étais dit qu’il valait mieux y aller en avance, mais bien que nous soyons arrivés à 11h30 il y avait déjà plus de 100 personnes devant nous ! Comme c’est les vacances et que tout le monde est de retour pour voir la famille, j’imagine qu’il y a un peu plus de supporters que d’habitude ? Quasiment tout le monde est habillé en bleu, couleur du club, et déjà Léo râle parce que nous ne sommes pas habillés pour l’occasion.

12h, les portes s’ouvrent. La tribune libre derrière le banc des Sea Horses est prise d’assaut, nous prenons place dans celle située juste derrière les supporters adverses. Je suis surpris par l’aspect moderne de la salle. Néons et lasers bleus, écrans géants au milieu. C’est là ce que j’ai l’habitude de voir dans mes matchs de la NBA ! Voilà qui explique pourquoi place coûte 20 Euros au lieu des 5 Euros payés lors de notre match en France.

Je ne connais rien de ce club, ni ses joueurs ni son classement. Après vérification je suis rassuré de constater que les Sea Horses sont en milieu de tableau et notre adversaire bon dernier. Peut-être allons nous même assister à une victoire ? Entrée des cheerleaders, entraînement aux chants des supporters, ‘fan service’ en balançant des goods de l’équipe à travers la salle. Présentation des joueurs sous les feux d’artifices et les lasers … Quel show !

Le score est serré jusqu’au dernier quart-temps, mais nous parvenons à gagner, laborieusement, sur le maigre score de 69-59. Ca jouait très lentement et plutôt mal des deux côtés, un vrai festival de passes et de tirs ratés. Mais l’ambiance était excellente, très bon-enfant, et Léo tout heureux de pouvoir crier et chanter. Comme quoi, parfois la foule a du bon aussi !

 

‘Whoomp, There It Is …’

C’est le fait d’avoir été voir un match de basket durant notre séjour en France en avril dernier qui a (re)mis le feu aux poudres. Alors qu’il s’agissait avant tout de passer un bon moment avec quelques potes et membres de la famille, nous avons eu droit a un festival de trois-points et de dunks !! Que s’est-il donc passé pendant mes dix années d’absence dans le milieu du basket pour qu’il ait évolué à ce point ? Léo me parle fréquemment de ce match encore aujourd’hui, avec grande émotion et enthousiasme, comme si ce match avait changé sa vie.

En 2004, Yuta Tabuse fut le premier japonais à jouer (et marquer) en NBA. Les mauvaises langues diront qu’il s’agissait avant tout d’un coup de marketing visant à tirer des sous de ce peuple souvent plus fier qu’il n’est nécessaire de ses compatriotes lorsque ceux-ci brillent à l’étranger, et de surcroît aux Etats-Unis. Bien entendu, le pétard mouillé n’explosera pas, il faut attendre 2016 et une réforme de la ligue japonaise et son changement en B.League pour qu’on entende parler à nouveau de basket dans l’archipel.

Trop occupé pour regarder les play-offs de la NBA cette année, je m’étais donné rendez-vous en octobre pour la reprise de la saison, m’offrant une petite séance de rattrapage des 10 ou 15 années écoulées. Entre-temps, les joueurs que j’admirais quand j’étais lycéen sont tous devenus coachs ou commentateurs. Délors, quelle équipe suivre pendant cette saison ?

Il se trouve que cette année, un autre japonais fait son entrée en NBA. Yuta Watanabe, 2.06m pour 93kg, a joué 4 ans pour l’université George Washington. Bon défenseur, discipliné, plutôt discret, est en ‘two-way contract’ avec les Memphis Grizzlies et les Memphis Hustle en NBA G League, sorte de Ligue 2 de la NBA. Il a notamment fait sensation en marquant 11 points lors d’un match de préparation pour les Grizzlies, dont un fabuleux trois-points d’égalisation qui poussera son équipe en prolongations. Depuis le début de saison il n’a eu droit qu’à une seule sortie sur dix matches, joué 5 minutes et marqué ses 2 petits premiers points … sur lancer-franc. Cet ‘événement’ lui vaudra malgré tout, le lendemain, une demie-page à la page sport du quotidien journal Asahi Shimbun. Vraiment, ce pays est en paix …

Memphis Grizzlies Media Day

 

 

 

‘Alors qu’ici, a Yabuhara …’

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Avec tout ce que les environs comptent comme montagnes, nous avons l’embarras du choix pour aller aux sports d’hiver. La plupart des habitants de la région semblent privilégier les hautes montagnes de la préfecture de Gifu pour leur proximité, mais pour en profiter pleinement il faut partir au milieu de la nuit afin d’éviter les bouchons au nord de Nagoya et à l’entrée des montagnes. Bien qu’un peu plus éloignées, je préfère les stations de la préfecture de Nagano, dans les ‘Minami Alps’ (Alpes du Sud). La neige m’y semble de meilleure qualité et la clientèle un peu plus âgée, plus expérimentée et moins agressive.

Cette année il neige énormément, on a mesuré plus de 4 mètres de neige à Hakuba au nord de Nagano. Le week-end dernier nous sommes allés a Yabuhara Kogen. Comme il a neigé pendant la nuit, il y avait de le poudreuse un peu partout, ce fût un vrai régal malgré des températures très basses.

‘It’s another day of sun’ (quand je ne cours pas … je pédale) @ Chita

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DSCF6535Nous voilà à moins de deux semaines de ma course. Après une petite période à vide vers la mi-septembre où je stagnais autour de 15km sans être capable de prendre de la vitesse, je me suis fait violence et suis parvenu à parcourir assez de distance pour maintenir un rythme satisfaisant sur 20km. Compte tenu du temps absolument dégueulasse que l’on a eu en octobre, ce n’est pas rien : Vague de froid, pratiquement dix jours de pluie consécutifs, deux typhons ! Si j’avais la même volonté pour effectuer mes tâches au travail …

J’ai couru ma plus longue distance (22km) il y a une dizaine de jours et suis depuis en période de récupération. Pour se changer les idées, mais surtout afin d’éviter de se sentir coupable de ne pas courir sans pour autant se ruiner la santé, avec mon collègue nous nous sommes faits une petite virée de 50 km à vélo dans la Presqu’île de Chita.

Il fait à nouveau très beau depuis quelques jours, quoique frais en matinée, la balade est très agréable. Une fois sortis de la ville et de ses agaçants feux de croisements tous les 100 mètres, nous sommes entourés de champs, longeons les voies de chemins de fer que nous prenons pour aller au travail pendant d’interminables lignes droites. La mer est partout. Pêche, planche à voile ou bronzage. A mi-parcours, au bord de la plage nous ne pouvons résister à l’envie de louer une balle et des gants de baseball pour faire du catch-ball, puis courons cinq petits kilomètres avant de repartir en selle.

Peu après mon retour à la maison ma joyeuse compagnonne rentre du travail, les enfants de l’école. J’ai pleinement profité de ma journée en solitaire. Epuisé, mais heureux.