‘Et dans 150 ans …’

Mes carnets fêtent leurs 10 ans ce mois-ci. 10 ans, quelle longue période ! Il m’est arrivé plusieurs fois de songer à arrêter d’y écrire. Dans ces moments là je feuillette ma bible, ‘tsudzukeru chikara’ 続ける力 ( excellent bouquin de Makoto Ito qui explique pourquoi il est si difficile de continuer sur le long terme ce que l’on entreprend, et donne des conseils sur la manière d’y parvenir ) et la motivation revient. 

Pourtant, tout a failli disparaître le mois dernier. Mis à mal physiquement et mentalement par la chaleur éreintante et un manque flagrant de repos, j’ai pété les plombs. A chaque endroit où nous nous rendons : ‘On est venu ici il y a 3 ans …’ A chaque balade : ‘Tu te souviens ? Ce jour-là on était là, untel a fait ceci …’ Sans cesse à ressasser le passé, à passer des heures à minutieusement imprimer, découper, coller, écrire … A quoi bon ? Je craque, me retrouve à bazarder 10 ans de ‘travail’ – et bien d’autres choses dans des cartons en serrant les dents pour me retenir de fondre en larmes, sachant bien au plus profond de moi que tout jeter au centre de recyclage du coin, c’est bien là la dernière chose que je souhaite faire. On me retiens, je cède … Alors que j’écris ces lignes les 16 tomes sont à nouveau à leur place. 

Les mois et les années passent et je n’ai toujours pas réussi à me décider : Faut-il tenir à la fois ce blog et mes carnets ? Il m’arrive d’imprimer les articles du blog puis de les coller dans mes carnets en y ajoutant quelques photos supplémentaires, mais en réalité c’est plutôt l’inverse, une digitalisation des carnets qui m’intéresserait. Mais pour cela il faudrait sacrifier ma vie privée ou alors choisir soigneusement chaque mot. Bien que les visiteurs soient peu nombreux et les intervenants encore moins, j’aime trop le côté interactif du blog, l’idée qu’un lecteur puisse avoir envie de visiter un lieu présenté dans ces pages pour y mettre fin. 

Comme les carnets trônent dans ma pièce et prennent de plus en plus de place au fur et à mesure que le temps passe, les enfants y jettent parfois un oeil – ce qui m’oblige à dater tous les prospectus et documents placés entre les pages puisqu’ils ne les remettent jamais en place ! Malheureusement ils ne savent pas lire le français, mais ils semblent apprécier se remémorer les lieux visités en regardant les photos. Les années passent, mais l’envie de continuer ne fait que se renforcer …

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‘Pourquoi j’écris, autant me demander pourquoi je respire …’ (3)

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Je viens de terminer mon douzième tome.

J’écris cérémonieusement en couverture la date de la dernière notation et parcours quelques pages. Six mois seulement se sont écoulés, mais que de voyages, de nouveaux lieux et de découvertes ! Hormis les mots d’adieux des collègues et quelques évènements importants, je n’y écris presque plus à propos du travail. Garder trace du moindre de mes déplacements sur Google Maps m’a permis d’être plus minutieux dans les dates et les lieux. Cela me fait sourire quand je prends en main mon premier carnet de constater qu’à l’époque une semaine entière tenait sur deux pages petit format alors qu’il me faut maintenant 4 pages grand format pour le week-end à lui seul.

Mon seul regret est d’y trouver un peu moins de cartes postales et de lettres qu’auparavant. La reprise du blog m’a laissé un peu moins de temps pour écrire à la famille ou aux amis, mon stock de papier à lettres et de timbres ne fait qu’augmenter. Si cela vous dit, on s’écrit ?

‘Pourquoi j’écris, autant me demander pourquoi je respire …’ (2)

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Depuis mon premier post sur le sujet, au bout d’un peu plus de 6 ans j’en suis au douzième tome, au douzième carnet ou au douzième volume. Je ne sais trop comment nommer mes cahiers, parler de mémoires me semble un peu trop ambitieux et arrogant, parler de tomes laisserait penser qu’un jour le tout sera publié alors que c’est là le dernier de mes souhaits.

Après diverses escapades j’ai fini par adopter un format unique, les somptueux Traveler’s Notebook. J’utilisais déjà auparavant les produits Midori pour écrire mes lettres. Le papier est de très bonne qualité, léger, doux au toucher sans pour autant absorber l’encre de ma plume. Le format me laisse donner libre cours à mes pensées sans être encombrant à transporter.

Il me faut plus de place qu’auparavant depuis que j’y colle des photos, des billets d’entrée, les petits mots d’adieux des collègues qui quittent leur poste, les cartes routières où je marque les itinéraires lors de nos promenades, les cartes de visite et les reçus des restaurants qui m’ont marqué. Cela me prend aussi de plus en plus en temps, mais je prends beaucoup de plaisir, une fois tout le monde couché, au calme, à m’asseoir à mon bureau et écrire, découper, coller ou même dessiner.

C’est certes très agréable, mais à force de ne penser qu’à ce que l’on a fait de sa journée, à la décortiquer pour n’en noter que les moments que l’on aura envie de se remémorer dix ou vingt ans plus tard, cela manque de critique et de synthèse. Pour donner un exemple concret, je prends note par exemple de chaque nouvel album ou livre et rédige un court commentaire de 3 ou 5 lignes, mais cela n’entraîne aucun débat puisqu’il n’y a personne pour le lire. De même

Reprendre l’écriture de ce blog est une façon de me secouer les puces. Regarder un peu plus autour de moi, les gens, les paysages ou les architectures. Ne plus me contenter de raconter les choses, mais me forcer à trouver des sujets et des histoires à raconter, avoir des photos à montrer et partager le tout avec les quelques personnes qui voudront bien m’accompagner. Bon, un jour il faudra quand même que je change l’interface du site …

Choose your weapon ! (2)

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Si je suis là aujourd’hui à m’intéresser aux instruments d’écriture et faire régulièrement la tournée des papeteries et éplucher les magazines et livres sur le sujet, c’est probablement la faute à ce stylo.

J’aime écrire depuis l’âge de 10 ans environ, mais n’avais jusqu’à il y a de cela quelques années peu ou aucun intérêt pour les stylos et autres instruments d’écriture. De même, bien que j’aie écrit des centaines de pages au long de mes études, mis à part les stylos à plume Pelikan dont je parlais dans l’article précédent, je suis bien incapable de me souvenir avec quoi je noircissait mes copies.

Si j’avais déjà vaguement entendu parler de la marque auparavant, mon premier contact physique avec Mont Blanc a eu lieu dans le cadre de mon travail. La marque ouvre un rayon dans notre périmètre, ce qui m’amène à vendre de manière maladroite l’un ou l’autre produit à des clients qui en savent souvent bien plus que moi. Mon enthousiasme est réel, les ventes satisfaisantes.

Bien entendu il ne faut pas longtemps avant que je pense à en acheter un à mon tour. Avec ma joyeuse compagnonne nous débattons longuement à propos de cet onéreux achat ( ‘un stylo, aussi cher qu’Il soit, reste un stylo’ )et mes arguments ne sont pas des plus convaincants. Mais peut-on expliquer un coup-de-foudre ?

Il faudra un peu plus de deux ans pour que je fasse main-basse sur le précieux objet : Un vieux Meisterstück Rollerball résine-or bordeaux, qui n’est déjà plus en production à ce moment-là. De manière un peu surnoise, j’en conviens, puisque je me le fais offrir pour mon anniversaire par ma mère lors de notre retour au pays. Est-ce à cause de son statut d’objet de luxe controversé, c’est très cérémonieusement que je m’en sers au début. Gardé précieusement dans son coffret d’origine la semaine, j’écris avec chaque week-end mes lettres dans le silence le plus complet.

Au fur et à mesure de mes lectures à propos de mon nouveau hobby, il semble clair que j’accorde au bon état de mon stylo bien plus d’importance que nécessaire. J’envie l’aisance, la prestance, l’assurance de ces personnes qui sortent leur stylo favori pour noter dans leur calepin une adresse, un nom ou une idée qui leur vient à l’esprit. Il me faut donner une âme à mon bijou en écrivant avec régulièrement, puisque c’est pour cela qu’il a été conçu.

Aujourd’hui je l’utilise quotidiennement et l’emporte partout avec moi. Je change la couleur de l’encre selon mon humeur. Il m’arrive quand je n’ai rien de particulier à faire de prendre une feuille et d’y écrire en vrac tout ce qui peut me passer par la tête. C’est ridicule, mais j’adore cela … Après trois années d’utilisation intensive mon stylo a quelques légères égratignures mais je ne m’en soucie plus.

Parfois, entre deux lignes trop longues, je rêvasse. Je m’imagine céder le précieux objet à Léo quand il aura 18 ou 20 ans. Peut-être lui prendra-t-il l’envie d’écrire. Peut-être pensera-t-il à moi à chaque fois qu’il s’en servira. Il pourrait devenir célèbre et passer à la télé dans une émission consacrée aux livres diffusée tard le soir. L’animateur lui demanderait : ‘Peut-on savoir quel est ce stylo que vous constamment à la poche de votre veste ?’. Et là Léo tirerait fièrement le Mont Blanc de sa poche et expliquerait non sans émotion qu’Il a appartenu à son père etc …

Par contre, pourvu qu’il ne parle pas de ce blog !

‘Time for a change ! Not the thing in your pocket, real change !’

Un jour il faudra que je je songe sérieusement à m’occuper un peu de la présentation de ce blog. Tout d’abord je n’arrive pas à m’expliquer la présence de cette immonde photo de moi au bord de la mer à Irago (Aichi), mais qui aurait tout aussi bien pû être prise au bord de n’importe quelle mer du monde.

Les rubriques d’un autre temps nécessitent également une mise à jour : Depuis que nous sommes devenus trois puis quatres, plus moyen de s’offrir la moindre virée à deux. Je ne lis pratiquement plus de livres et ne fais du sport que de manière irréguliere … Avec l’impressionant nombre de photos prises pendant toutes ces années je pourrai faire un petit effort pour mettre à jour la gallerie flickr, mais cela implique que j’en effectue le classement !

Comme je prends beaucoup de plaisir à l’ecriture, le design est passé au second plan. Je me souviens de l’époque ou c’était l’inverse, ou je pouvais passer des nuits entières à travailler sur la création d’un site ou d’une gallerie photos. Cela me plaisait au point que je m’étais vaguement renseigné pour en faire mon métier, encouragé par deux-trois personnes qui connaissaient mon travail. Mais comme le marché était saturé j’ai fini au Japon (j’abrège).

J’ai aujourd’hui tout oublie du maniement de ces programmes compliqués. A bien y réfléchir, il me semble que le webdesign était surtout une excuse pour pouvoir rester des heures et des heures avec les écouteurs sur les oreilles à écouter en mode alléatoire des albums par dizaines.

Ce blog a plus de 10 ans, un petit lifting s’impose.

Choose your weapon ! (1)

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Dans ce pays où les petits écoliers écrivent tous au crayon, utiliser un stylo à plume est pour certains un peu snob, pour d’autres c’est la classe … Pour moi c’est juste une habitude, et surtout agréable.

La gamme de stylos à plume Pelikano Junior descend des vieux modèles Pelikan que j’utilisais à l’école primaire. Oui, je parle bien de ces formidables stylos qui se mettaient soudain à couler de toutes parts, quand il ne vous explosaient pas entre les mains en plein cours. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et autant d’encre éclaboussé nos cahiers.

Les modèles récents, largement plus sophistiqués sont de très bonne qualité pour un prix dérisoire. Couleurs très pop, bonne prise en main. Le débit d’encre est correct, la pointe juste un peu trop souple peut-être ? Il en traîne un peu partout à travers la maison, au grand dam de ma joyeuse compagnonne

‘Pourvu que ça dure … ‘

Je tiens le journal papier dont je parle dans mon post précédent depuis maintenant bientôt 600 jours. Y écrire n’est plus ressenti comme une obligation, mais comme un véritable besoin.

Il m’arrive d’y écrire plusieurs fois par jour, ou parfois le soir, juste avant de me coucher, comme une sorte d’exercice qui me permet de faire le point sur la journée écoulée. Pendant un certain temps, lorsque je n’avais rien à écrire je me contentais de quelques lignes. Si ce manque d’inspiration n’est absolument pas un problème en soi, j’ai tout de même au bout d’un certain temps fini par me rendre compte qu’il suffisait juste de regarder un peu autour de soi, d’être un peu plus curieux pour que les sujets et les mots viennent d’eux-même.

Le fait d’écrire pratiquement quotidiennement pendant plus d’un et demi m’a appris beaucoup de choses. C’est la principale raison qui me motive pour mettre ce blog à jour aujourd’hui.