Kôyô 2019 @ Ibukiyama (Gifu pref.)

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Nous avons déjà plusieurs fois tenté l’ascension du Mont Ibuki (Ibuki-San) de par le passé. Nous partions en matinée de la maison par un temps dégagé et radieux, et au fur et à mesure que nous nous en approchions le temps se dégradait, d’épais nuages noirs et menaçants s’accumulaient autour du sommet et nous rebroussions chemin. La seule fois où nous sommes montés malgré tout, une visibilité carrément nulle et un vent de tous les diables nous avaient bien fait comprendre que même à 1,377m de hauteur, la montagne reste dangereuse. Le temps auquel nous avons eu droit pendant notre énième tentative ce week-end tient donc du miracle – et au vu du temps splendide auquel j’ai droit à Ibigawa la semaine dernière, ma réputation d’ame-otoko (homme-pluie) se ternit.

L’Ibuki Driveway, la route payante qui slalome jusqu’au sommet fait 17km de long et comporte de nombreuses petites aires où s’arrêter pour apprécier le paysage. En cette saison de kôyô, le changement de couleur des feuilles en automne, la partie basse de la montagne est colorée de teintes de rouge, d’orange et de jaune. Puis au dessus de 1,000m d’altitude, le paysage change radicalement et devient désertique. Pendant quelques centaines de mètres la route entre dans la préfecture de Shiga, on peut d’ailleurs apercevoir en contre-bas le lac Biwa, le plus grand lac du Japon.

Le parking se trouve à 1,260m, on emprunte ensuite un chemin aménagé pour grimper jusqu’au sommet. Comme le ciel est dégagé on peut aujourd’hui apercevoir au loin le Mont Haku (Haku-san) ainsi que le Mont Ontake (Ontake-san), déjà partiellement recouverts de neige. A en croire les cartes postales, en été ici tout est en fleurs. Cela doit être beau à voir mais je préfère le côté neutre du paysage automnal. Bien que nous soyons au sommet, l’endroit est assez vaste pour permettre de se dégourdir les jambes, je ne peux m’empêcher de faire quelques foulées avec les enfants. Il me faudra vraiment m’essayer au trail run ou au moins au trekking l’année prochaine.

 

Ibigawa Marathon 2019 – débriefing.

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Je suis venu à bout du marathon d’Ibigawa et j’améliore mon record personnel de 20 minutes à 4h32. Résultat tout à fait satisfaisant après un blanc de presque trois ans sur l’épreuve reine. Il faut dire que cette fois-ci j’avais un objectif concret : Courir autour de 6’15 au kilomètre  du début à la fin. Au marathon de Nara, de peur de courir à trop vive allure au départ emporté par la foule, j’y étais allé un peu trop doucement et je n’avais pas réussi à trouver mon rythme. J’ai cette fois-ci couru au rythme proclamé, et je m’y suis tenu, ralentissant un peu dans les montées puis accélérant dans les descentes.

Comme on annonçait jusqu’à 20 degrés en après-midi j’ai pris le départ en manches courtes, mais la majeure partie du parcours se déroule en montagnes et qui de plus est en bord de rivière. A l’ombre de l’épaisse forêt en deuxième moitié du parcours (assez épaisse par ailleurs pour complètement détraquer ma montre GPS) j’ai carrément eu froid. Par ailleurs, le paysage était somptueux, bien qu’il soit encore un peu trop tôt pour totalement apprécier le kôyô, le feuillage d’automne.

Au bout d’une quinzaine de kilomètres je me retrouve dans un petit groupe de cinq ou personnes courant au même rythme que moi. Au tant redouté mur des 30 km, bête noire de tout coureur, je les cloue sur place. Alors que tout le monde marche, je trottine. En continuant de la sorte la barre des 4h30 est à ma portée !

Comme je suis resté plutôt calme alors que j’aurai pu m’emballer au vu de la situation (garder mon rythme !) le mur invisible, mais pourtant bien là, dressé devant moi quelques kilomètres plus loin, au 37km exactement, n’en est que plus incompréhensible encore. Mon genoux droit hurle soudain de m’arrêter, ma cheville droite lui fait coeur. Je grimace, je parle tout seul. Je ralentis, mais ne m’arrête pas. Un chic type à côté de moi m’encourage et m’accompagne, nous finissons la course ensemble.

Pendant que je m’étire vaguement, un constat : Lors de ma préparation j’ai gagné en vitesse mais il m’aurait fallu faire une ou deux sorties longues supplémentaires pour pouvoir tenir le rythme jusqu’au bout. Je quitte rapidement les lieux et me rue au onsen le plus proche. L’eau brûlante apaise immédiatement toutes les douleurs possibles et inimaginables. L’endroit est bientôt envahi de coureurs de tout poil. Vainqueurs et perdants, jeunes et vieux. Tous parlent déjà de leur prochaine course.

Himakajima (horizontal) – Aichi pref.

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J’aime beaucoup la nature, les balades et les paysages, et prends évidemment de nombreuses photos des montagnes et autres vastes plaines que je visite. Mais une fois chargées sur l’ordinateur celles-ci n’ont que rarement la force ou la beauté que je voulais leur donner. C’est sans doute ce qui fait que si l’on exclut les photos d’aviation, les trois-quarts de mes photos sont prises à l’horizontale. Je ne sais manifestement pas remplir cet espace qu’à la verticale un beau ciel bleu suffit à remplir à moitié. Sans prétention, je persiste, j’apprends. Ce blog pourrait sur une cinquantaine d’années devenir un pour mémoire de mes progrès – ou pas.

 

Himakajima (vertical) – Aichi pref.

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Avec Sakushima et Shinojima, l’île d’Himakajima est l’une des curiosités touristiques de la préfecture d’Aichi. Le trajet en ferry à partir de Kowa prend 30 minutes. On rêvasse sur le pont. La vue n’est pas exceptionnelle, mais la sensation de vitesse est des plus revigorantes.

Au port la statue en forme de poulpe nous accueille. L’île est réputée pour sa cuisine de poulpe que l’on retrouve cuisiné à toutes les sauces, sous forme de senbei, de takoyaki, de tenpura, bouilli ou encore grillé. Himakajima fait une superficie de moins d’1km2, même en prenant son temps il ne faut que 2 ou 3 heures pour en faire le tour. Hormis les scooters il n’y a pratiquement aucun trafic, l’île ne compte d’ailleurs qu’un seul feu de croisement à l’entrée du port est. Les habitants roulent sans casque, on marche au milieu de la route.

Jiyu da ne !

Oui, ‘on fait ce qu’on veut’, mais à part se baigner, pêcher, se balader, se goinfrer puis recommencer en inversant l’ordre, pour être franc il n’y pas grand chose à faire, et pour une fois c’est très bien ainsi. On resterait bien une semaine dans l’une des nombreuses pensions que compte l’endroit, avec une pile de livres et de la musique. On jetterait nos smartphone et nos soucis à la mer pour ne pas être dérangés et on réapprendrait à s’ennuyer.

A un mois d’Ibigawa – Je cours toujours (ça t’intéresse ?) (2)

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Nous voici à moins d’un mois du marathon d’Ibigawa. Comme l’année dernière, le mois d’août a été catastrophique. Il fait déjà 30 degrés a 9 heures du matin et à peine moins en pleine nuit. L’été est la seule saison où je ne me plains pas du nombre trop important de conbinis et de distributeurs puisqu’une bouteille de 500ml ne suffit pas ne serait-ce que pour courir 10 malheureux kilomètres. Pour éviter d’avoir a m’arrêter tous les 5 km je me suis acheté un beau sac-à-dos bleu ciel de type trail de la marque Salomon‘Tu pars en excursion ?’ ‘Euh non, je vais juste courir un peu …’

Fin août. Je regarde les retransmissions des courses de l’UTMB sur internet. Si des dingues peuvent parcourir 101km (la CCC), 121 km (la TDS) voire 171 km (l’UTMB) en courant autour du Mont-Blanc sans sommeil, je peux bien me faire violence en me levant à 5 heures du matin et courir 15 km ! Motivé, je finis le mois de septembre en renouvelant mon record de distance parcourue en un mois en ayant même le courage d’alterner sorties longues de plus ou moins 20 kilomètres et sorties courtes à vitesse élevée.

En raison des hasards du calendrier et du dérèglement climatique dû au tristement célèbre typhon Hagibis, la première moitié du mois d’octobre est à nouveau compliquée à gérer. En principe je devais y accomplir une ou deux sorties avoisinant les 30 km puis progressivement diminuer les distances, mais le compteur est bloqué aux alentours des 25 km. Si cette année j’ai gagné en vitesse grâce aux entraînements du club d’athlétisme local au printemps dernier (J’y ai notamment appris que je peux courir vite !), je ne peux pas affirmer avec conviction pouvoir finir ce marathon sans difficultés.

Demain, je pense faire Otagawa-Tokoname le long de la mer, version longue de cette sortie faite en juin dernier. 28km. On annonce de la pluie, au moins je ne crèverai pas de chaud.

‘Touch & Go’ – ‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (9) @ NGO

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Centrair est un aéroport propice aux entraînements au pilotage. Comme celui-ci est situé en plein milieu de la baie d’Ise, les pilotes peuvent effectuer à répétition décollages, atterrissages à leur guise sans trop agacer les habitants des environs.

J’aime beaucoup assister à ces entraînements à partir du deck d’observation. Non seulement parce que l’appareil utilisé, généralement un 777-200 de All Nippon Airways (ANA), est devenu une denrée rare, mais surtout parce que les manoeuvres pour le moins inhabituelles engendrent chez ceux qui en sont le témoin des émotions diverses.

L’entraînement en question est principalement constitué de phases dites ‘Touch & Go’ : L’avion atterrit, ralentit, puis en moitié de la piste reprend de la vitesse et décolle à nouveau. Il effectue ensuite une longue boucle à basse altitude au dessus de la mer, l’exercice est répété quatre ou cinq fois. ‘Qu’est-ce qui lui arrive ?’ ‘Il a un problème ?’ et autres ‘Le pilote a oublié quelque chose à l’aéroport de départ ?’ … J’ai beau avoir assisté à la scène une centaine de fois, je ne me lasse pas d’écouter les réactions des personnes alentours. Il nous est même arrivé d’avoir un appel au standard téléphonique d’un spectateur affolé : ‘Depuis tout à l’heure, un avion n’arrête pas de tourner en rond sans parvenir à atterrir ! Il a besoin d’aide !’

Au bout de quelques passages il y a toujours un type, tout fier, pour rassurer tout le monde : ‘Ne vous inquiétez pas, c’est juste un entraînement !’ La conversation se poursuit. Le passionné est heureux de partager sa passion, le visiteur peut poser autant de questions qu’il le souhaite.

Une jeune femme, caméra à la main, filme depuis trente minutes le même avion avec une curieuse insistance. Lorsqu’on lui demande pourquoi, elle explique que c’est un membre de sa famille qui est au commandes et que c’est aujourd’hui son premier vol d’entraînement à bord de cet appareil. Un visiteur lui passe un récepteur, ce qui lui permet d’écouter les échanges radios entre les membres de la cabine et la tour de contrôle. Avoir le son donne l’impression d’être dans la cabine, la jeune femme est rapidement gagnée par l’émotion …

Quand on parle d’aviation, on oublie bien souvent qu’en fin de compte ce sont des hommes et des femmes qui fabriquent, font fonctionner et manoeuvrent ces gigantesques machines. Et les aéroports me font toujours autant rêver.

 

Terminal 2

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Le 20 septembre dernier ouvrait le Terminal 2 de l’aéroport international de Nagoya. Celui-ci est constitué de deux étages, ( arrivées au rez-de-chaussée, départs au premier ) 45.000 mètres carrés pouvant accueillir 4.5 millions de passagers par an. Désormais les vols domestiques et internationaux des 5 compagnies low-cost AirAsia Japan, Jetstar Japan, Air Busan, Jeju Air et T’way seront desservis ici.

Je suis toujours sidéré par la rapidité avec laquelle les bâtiments sont construits au Japon. Les travaux n’ont débuté qu’au mois de mai 2018 et il y a deux mois encore tout le monde se demandait s’il allait ouvrir à temps. Afin de diminuer au maximum les coûts le terminal a l’apparence d’un hangar allongé, les tuyaux d’aération et autres tubes en tout genres ne sont même pas cachés mais je ne doute pas qu’en terme d’efficacité nous n’ayons pas a rougir devant nos prédécesseurs que sont le Terminal 3 de l’Aéroport de Tokyo (Narita – NRT) ou l’extension du Terminal 2 de l’Aéroport International de Kansai (Osaka – KIX), également destinés aux compagnies low-cost.

Pour pouvoir faire la comparaison il me faudrait effectuer les vols entre ces différents aéroports. Il me plairait d’ailleurs de faire la tournée des 98 aéroports que compte le Japon. Comme je ne suis pas certain que Keiko approuve ces dépenses, je pourrai toujours dire qu’il s’agit d’importantes recherches en rapport avec mon travail. Ou alors attendre la retraite pour parcourir le pays à deux – dans un avion piloté par Léo ou Louis, qui sait ?

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Le studio photo ANTI.LAB propose ici des portraits pour certains assez intéressants de Reina Nagata pris dans le nouveau terminal. Il m’arrive souvent en conduisant d’écouter l’émission qu’elle anime sur Zip-fm, l’une des principales radios locales. J’écoute beaucoup plus la radio que je ne regarde la télé. Il m’arrive fréquemment d’apprécier une voix, comme celle de l’actrice Riho Yoshioka dernièrement, alors que les films ou dorama dans lesquels elle apparait n’ont pour moi aucun intérêt. Quoiqu’il en soit, cela fait toujours bizarre de mettre une tête sur une voix. Si j’aime beaucoup parler, j’ai horreur de la mienne. Passer des annonces à l’aéroport a longtemps m’a longtemps été pénible.