la sélection du moi[s] 1811 – débriefing

Pourquoi avoir choisi tel album et pas un autre ? Ce que j’en attends, et au final, est-ce qu’il m’a plu ou pas ? Alors que pratiquement n’importe quelle chanson peut être écoutée quasiment instantanément sous un format ou sous l’autre sur internet, j’aime m’attarder sur la démarche autour de l’écoute d’un album en tant qu’entité. Jusqu’à présent dans mes sélection du moi[s] je ne parlais que de l’avant, il me semblait juste d’également parler de l’après. L’exercice est loin d’être évident.

Wednesday Campanella – Galapagos. Quand un album balance dés l’ouverture son morceau phare sorti en single, on est souvent soit face à un album extraordinaire, soit un album … dont c’est le seul bon morceau. Kaguyahime (かぐや姫) est un très bon titre, j’aime beaucoup l’ambiance qui y règne et son refrain sorti de nulle part -à l’image de la légende – Mais c’est aussi le seul. La suite est mal construite et bâclée, sans narration ni fil conducteur. 

Utada Hikaru – Hatsukoi (宇多田ヒカル – 初恋) Les trois premiers morceaux sont un regroupement des tubes entendus dans divers drama et publicités. Au moins ici tout s’enchaîne efficacement bien que certains morceaux soient d’un niveau un peu inférieur. Puis vient en fin d’album, alors qu’on est sur le point de lâcher prise, le meilleur morceau de l’album, Yunagi (夕凪 ). Un morceau très lent, tout en douceur, avec un beau texte. A en croire les commentaires sur le site officiel de l’artiste, le morceau fait l’unanimité, même si les ‘je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer dés la première écoute’ sont un brin éxagérés. 

Beck – Colors C’est net et sans bavure, un bon album, mais sans véritable identité. Si je n’en avais pas entendu à répétition deux ou trois morceaux à la radio je serai bien incapable de me souvenir de quoique ce soit. 

Rokuro – Meiso (轆轤- Meiso ). Youssoupha, dans un autre couplet de ‘Viens !’ aurait écrit : ‘Viens on va à Hard Off ! Viens on achète une boîte à rythme ! Viens on appelle not’ pote ‘ricain Myka9. Viens on fait un disque !’ Le reproche est le même que je faisais au rap français quand il a commencé à me gaver il y a 20 ans : n’importe qui s’y met ! Déçu par déjà tant de disques je pars sans doute sur un à-priori, mais ce disque est un des pires de l’année. Quelques sons comme celui sur ushimitsu sont originaux mais les featuring sont trop nombreux, le flow change constamment et que soit ce soit en japonais ou en anglais, ça rappe pour ne rien dire. Je n’ai pas tenu tout l’album. 

The Velvet Underground. En un mot : Surprenant ! Vraiment surprenant. Je m’en suis pris plein les oreilles au point d’avoir à faire une pause au milieu pour digérer et tenter de comprendre ce que je venais d’entendre. En cette fin de 2018 cette fresque psychédélique est encore trop moderne pour moi, alors imaginez lors de sa sortie en 1967. Ou alors je suis tout simplement trop coincé dans mes choix musicaux …

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Nagato Farm ( Nagano pref.)

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Après ce court séjour dans l’espace nous revenons sur le plancher des vaches, à la ferme Nagato plus exactement, à 15 minutes de route d’où nous sommes partis ce matin. Alors que le soleil se couche tout doucement et que le froid a fait fuir la plupart des visiteurs, les enfants donnent à manger aux vaches et montent sur les vieux tracteurs abandonnés au milieu de la prairie. Les photographier lorsqu’ils sont trop occupés par ce qu’ils font pour faire attention à l’appareil est à chaque sortie un de mes grands plaisirs. L’espace gigantesque leur donne des ailes, ils sont déchaînés. Avec le peu de lumière qu’il reste la moitié des photos finiront floues. Epuisé de leur courir après, je prends en photo les montagnes immobiles, un bien curieux arc-en-ciel, et ce nuages en forme de zeppelin ? de baleine ? non, de citron ?

Usuda Deep Space Center (Saku-shi, Nagano pref.)

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JAXA Usuda Deep Space Center 臼田宇宙空間観測所

JAXA Usuda Deep Space Center 臼田宇宙空間観測所

JAXA Usuda Deep Space Center 臼田宇宙空間観測所

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Lors de notre première tentative, le GPS a tenté de nous tuer en nous faisant passer par un minuscule passage traversant la forêt. Après y avoir plongé le capot en premier je me suis bien vite rendu compte que la route n’était pas praticable, mais la pente était trop raide pour la remonter en marche arrière, et le chemin bien trop étroit pour faire demi-tour. Il avait fallu faire descendre toute la petite famille de voiture, marcher un peu jusqu’en contre-bas pour y trouver un endroit où faire demi-tour, y rouler en évitant d’énormes nids-de-poule, puis refaire le même chemin en sens inverse, seul à bord, en collant la voiture à la falaise pour ne pas tomber dans le ravin sur ma droite. Aujourd’hui nous en rigolons, mais j’ai eu la trouille de ma vie, le pire moment étant sans doute celui où, avant de remonter la pente, au creux de la montagne, je me suis aperçu que mon portable ne captait aucun signal. 

Malgré une préparation sans faille, ce n’est donc pas sans une certaine appréhension que nous sommes partis à l’assaut de l’Usuda Deep Space Center. Non seulement un deuxième échec serait impardonnable, mais c’est aujourd’hui le dernier jour où le site est accessible au public, la route verglacée devenant dangereuse à partir de décembre. 

Nous roulons vers l’ouest direction Karuizawa en contemplant l’imposant Mont Asama sur notre droite. A hauteur de la gare d’Usui, nous nous arrêtons au supermarché Tsuruya pour acheter à manger et vérifier une dernière fois la route sur nos cartes. Nous quittons la voie principale pour une discrète petite route qui part sur la droite. Nous sommes encore au flanc de la montagne mais déjà le chemin se fait étroit, traversant sur toute sa longueur un village que bordent disséminées d’énormes baraques paysannes en bois. Il est autour de midi, avec le soleil derrière nous les feuilles colorées en rouge et or sont superbes, mais il n’est pas question de s’arrêter. La bande originale du film Interstellar en musique de fond donne le ton.

Le GPS est depuis longtemps éteint et hors d’état de nuire, je roule prudemment et m’arrête à chaque croisement pour vérifier notre itinéraire. Nous grimpons pendant dix ou quinze minutes, puis la parabole apparaît soudain à la sortie d’un virage. C’est un peu ma rencontre du troisième type à moi, je suis fou de joie ! 

Après avoir photographié la parabole ( 64m, la plus large du Japon ) sous tous les angles possibles et rêvassé en prenant notre déjeuner sur un banc au pied de l’installation, nous faisons le tour du petit musée juste à côté. Pendant que les enfants s’affairent sur le simulateur de la mission Hayabusa ( lancement de fusée, atterrissage sur l’astéroïde Ryugu … ) je lis consciencieusement les explications détaillées sur l’utilisation des paraboles, médite devant les cartes des gigantesques paraboles dans le monde, les superbes photos des lancements H20 à Tanegashima et autres maquettes de fusées. Il n’a y a pas un chat, nous avons tout notre temps pour profiter de l’endroit. Quel plaisir de voir nos efforts récompensés!

Il est six heures, Shirakaba-ko s’éveille ( Chino-shi, Nagano pref. )

Shirakabako 白樺湖
 
Shirakabako 白樺湖
Shirakabako 白樺湖
Shirakabako 白樺湖
 

Je me promène avec Léo autour du lac Shirakaba au lever du jour. Il n’y a pas un bruit, les gros nuages noirs dédoublés reflétés dans les eaux du lac n’en sont que plus menaçants. Tandis que je m’attarde sur la jetée pour prendre quelques photos Léo prend peur. Il y a au bord du lac, juste derrière nous, un vieil hôtel en ruine désaffecté qui rend l’endroit un peu lugubre. Je n’aurai pas dû le narguer en disant y avoir cru voir quelque chose bouger un peu plus tôt.

J’espère que nous aurons l’occasion de revenir ici dans deux mois, quand ce même lac sera recouvert de glace et les alentours sous la neige. Et quand nous reviendrons l’année prochaine fin novembre, le paysage sera à nouveau identique à celui d’aujourd’hui, seuls les enfants auront encore grandi un peu. Léo aura peut-être moins peur, Louis sera peut-être en mesure de se lever assez tôt pour se joindre à nous. Pour l’embêter, je lui dirai avoir vu, dans l’hôtel un peu plus en ruine, quelque chose bouger.

la sélection du moi[s] 1811

The Velvet Underground fait partie de ses albums archi-connus dont je dois avoir entendu plusieurs titres sans savoir qu’ils appartenaient à ce groupe. Séance de rattrapage donc.

Beck – Colors  Je ne suis pas un fan de Beck au point de guetter chaque nouvelle sortie, mais quand je tombe dessus par hasard je m’en empare toujours sans trop réfléchir. C’est sans doute là ce que l’on appelle la notoriété. Et à chaque fois de me répéter : ‘Dire que ce type chantait ‘I’m a loser’ alors que j’étais lycéen !

Wednesday Campanella – Galapagos  C’est un peu la même chose pour chaque nouvelle sortie de Wednesday Campanella, sauf qu’il faut l’impulsion du moment, être un peu high pour ‘oser’ mettre la main dessus. Il y a à chaque cette envie d’être surpris, d’entendre éclater de l’intérieur une bulle j-pop aseptisée. Et se dire chanteuse avec pareille voix de crécelle donne des idées pour les soirées karaoke improvisées.

Utada Hikaru – Hatsukoi (宇多田ヒカル – 初恋) Après ses deux albums justement trop pop, c’est depuis son troisième album ‘Deep River’ que j’ai commencé à apprécier Utada. Ou plutôt ses titres lents et dramatiques, parfois lourdement accompagnés au piano (le sublime ‘dareka no negai ga kanau koto‘), petites perles qui traînent au milieu de morceaux efficacement composés.

Rokuro – Meiso (轆轤- Meiso ) Je cherche toujours un groupe de rap japonais capable de détrôner, non, d’arriver à la cheville de ‘Tha Blue Herb’. Quand le mouvement hip hop japonais ne se ridiculise pas en refusant de sortir de sa phase ‘dûrs, boss et dombis’ [‘des dûrs, des boss, des tueurs à gages des bandits, des médisants et soi-disant dans l’biz depuis qu’ils ont dix ans’] il s’embourbe dans les niaiseries bon-enfant des Seamo, Ketsumeshi et autres Home Made Kazoku. Comme pour mes dernières escapades, cet album était mis en évidence aux rayon recommandations, mais je ne semble pas avoir les même goûts que les gars de chez Tsutaya …

Utada Hikaru – Hatsukoi (宇多田ヒカル – 初恋) Après ses deux albums justement trop pop, c’est depuis son troisième album ‘Deep River’ que j’ai commencé à apprécier Utada. Ou plutôt ses titres lents et dramatiques, parfois lourdement accompagnés au piano (le sublime ‘dareka no negai ga kanau koto‘), petites perles qui traînent au milieu de morceaux efficacement composés.

Pour résumer, dans l’ensemble, une sélection sans grande prise de risque. La fin de l’année approche, je suis trop débordé pour m’aventurer hors des sentiers battus la machette entre le dents. Qui sait, un revival Léo Ferré le mois prochain ?

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Shirakabako > Kurumayama (Chino-shi, Nagano pref.)

Après le ski en hiver et les randonnées à vélo en été, c’est cette fois-ci en automne, afin de prendre une grande bouffée d’air frais que nous revenons à Shirakabako (白樺湖) en famille. Si le paysage est superbe quelle que soit la saison, la diversité des couleurs en automne me semble plus intéressante que le vert omniprésent et presque oppressant du printemps. Nous nous faufilons à travers la montagne et à chaque descente de voiture le paysage nous offre un autre visage. Bientôt, le Mont Fuji, déjà enneigé, apparait au loin. Il semble flotter dans les airs, au dessus des nuages. Alors qu’ils couraient dans tous les sens il y de cela juste un instant, les enfants sont tout d’un coup bien calmes et rêveurs. A 1,800 mètres d’altitude il ne fait plus que trois maigres degrés. Nous reviendrons rêvasser au printemps, quand le temps s’y prêtera davantage.

‘Whoomp, There It Is …’

C’est le fait d’avoir été voir un match de basket durant notre séjour en France en avril dernier qui a (re)mis le feu aux poudres. Alors qu’il s’agissait avant tout de passer un bon moment avec quelques potes et membres de la famille, nous avons eu droit a un festival de trois-points et de dunks !! Que s’est-il donc passé pendant mes dix années d’absence dans le milieu du basket pour qu’il ait évolué à ce point ? Léo me parle fréquemment de ce match encore aujourd’hui, avec grande émotion et enthousiasme, comme si ce match avait changé sa vie.

En 2004, Yuta Tabuse fut le premier japonais à jouer (et marquer) en NBA. Les mauvaises langues diront qu’il s’agissait avant tout d’un coup de marketing visant à tirer des sous de ce peuple souvent plus fier qu’il n’est nécessaire de ses compatriotes lorsque ceux-ci brillent à l’étranger, et de surcroît aux Etats-Unis. Bien entendu, le pétard mouillé n’explosera pas, il faut attendre 2016 et une réforme de la ligue japonaise et son changement en B.League pour qu’on entende parler à nouveau de basket dans l’archipel.

Trop occupé pour regarder les play-offs de la NBA cette année, je m’étais donné rendez-vous en octobre pour la reprise de la saison, m’offrant une petite séance de rattrapage des 10 ou 15 années écoulées. Entre-temps, les joueurs que j’admirais quand j’étais lycéen sont tous devenus coachs ou commentateurs. Délors, quelle équipe suivre pendant cette saison ?

Il se trouve que cette année, un autre japonais fait son entrée en NBA. Yuta Watanabe, 2.06m pour 93kg, a joué 4 ans pour l’université George Washington. Bon défenseur, discipliné, plutôt discret, est en ‘two-way contract’ avec les Memphis Grizzlies et les Memphis Hustle en NBA G League, sorte de Ligue 2 de la NBA. Il a notamment fait sensation en marquant 11 points lors d’un match de préparation pour les Grizzlies, dont un fabuleux trois-points d’égalisation qui poussera son équipe en prolongations. Depuis le début de saison il n’a eu droit qu’à une seule sortie sur dix matches, joué 5 minutes et marqué ses 2 petits premiers points … sur lancer-franc. Cet ‘événement’ lui vaudra malgré tout, le lendemain, une demie-page à la page sport du quotidien journal Asahi Shimbun. Vraiment, ce pays est en paix …

Memphis Grizzlies Media Day