‘Un jour j’habiterai dans une maison en Lego’

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J’ai toujours aimé jouer aux Lego, et me sers maintenant des enfants comme prétexte pour pouvoir encore aujourd’hui m’amuser avec. Les thèmes de construction récurrents sont bien sûr les avions, mais aussi toutes sortes de bâtiments.

Je n’ai jamais su construire autre chose que des bâtiments parfaitement symétriques. Deux tours ne peuvent être que d’une hauteur égale. Le balcon d’une maison doit impérativement faire soit la totalité de la longueur de la façade, soit, s’il est coupé en deux, être de longueur égale. Je n’ai jamais compris les enfants – ou les adultes d’ailleurs – qui arrivent à construire un bâtiment sans plan en tête, selon le hasard des briques qui leurs tombent sous la main, en mélangeant parfois même les couleurs.

Les milliers d’immeubles plus ou moins élevés que l’on trouve à travers toute la ville de Nagoya, et dont les 5 photos ci-dessus, prises entre les gares de Kanayama et Kamimaezu ne sont qu’un minuscule exemple, éxercent sur moi une très forte fascination. N’est-ce pas parfait ? On pourrait prendre un étage de chacun de ces immeuble et le répéter tel-quel à l’infini … Les oeuvres d’architectes flemmards, sans doute.

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Un livre délivre (1) ‘La papeterie Tsubaki’- Ito Ogawa

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ツバキ文具店 – 小川系

Hatoko tient à Kamakura une petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère calligraphe. Elle y vend des fournitures scolaires aux collégiens du coin, et prend le relais en tant qu’écrivain public. Quels qu’ils soient, elle répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir tour à tour : Cartes de voeux, mot de condoléances, lettres d’adieu mais aussi d’amour. Le choix de la calligraphie, du papier, de l’encre, de l’enveloppe ou encore du timbre, mais surtout cette lutte intérieure pour accoucher de chaque mot. On suit dans les moindres détails le difficile processus qu’implique la rédaction d’une ‘simple’ lettre.

Je n’ai pas acheté ce livre pour sa couverture, mais pour son titre. En vitesse, à l’aéroport de Nagoya avant de prendre mon vol pour Munich via Helsinki – j’achète rarement des livres, si ce n’est au départ de longs trajets en train, en bus ou en avion. En fin de compte j’aurai plutôt profité des trajets aller-retour pour passer en revue quelques films ratés au cours de l’année passée, mais une fois de retour au Japon j’ai eu tout le loisir de déguster ce bouquin.

À la lecture de toute chose en rapport avec la papeterie ou les instruments d’écriture, le temps s’écoule avec une agréable lenteur là où pour toute autre activité il défile à toute vitesse. En lire une vingtaine de pages dans le train au retour du travail me plonge dans un univers parallèle dans lequel les gens sont au fait du plaisir que l’on peut avoir à écrire une lettre ou même un journal, en choisissant longuement ses mots, et savent les efforts que cela demande.

Le rytme est extrêmement lent, beaucoup d’importance étant attribuée aux détails ( mais combien de fois tout au long de ce livre Hatoko se sert elle son foutu thé ? ) On se reconnaîtra dans les longues escapages descriptives relatives a l’écriture, ou bien on sautera quelques pages sans ne rien rater si ce n’est le plus important, qui n’est pas non pas l’intrigue, mais l’état d’esprit du livre.

Vivre lentement, à son rythme, n’est pas une chance, mais un choix. Cela demande des efforts et des sacrifices. Éteins cet écran, file à la librairie, achète ce bouquin (chez Les Éditions Philippe Picquier, plutôt bien traduit d’ailleurs si j’en crois quelques extraits trouvés sur le net) du papier et un stylo, et apprécie ta nouvelle vie qui commence aujourd’hui.

Nagoya Castle & Hommaru Palace (Aichi)

Le ciel bleu est superbe et uniforme. Le violent typhon passé, je me sens obligé d’en profiter pour sortir faire mon touriste. Je décide de me rendre là où tout touriste se rend en premier : au château de Nagoya, où je n’ai pas mis les pieds depuis plusieurs années, du moins pas depuis la renovation du Hommaru Palace.

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Le beau temps aidant, les touristes sont nombreux, bien plus nombreux que lors de mes balades précédentes. Les deux ‘Kin-Shachi’ (金鯱 ) – animal imaginaire mi-tigre mi-poisson en or – qui ornent le toit du château sont éblouissants. Les ninjas et samouraïs qui se baladent dans leurs tenues sont particulièrement populaires. Je souris lorsque j’entends l’un d’eux parler en chinois. Les puristes râlent, moi cela me fait plaisir que les efforts des associations touristiques préfectorales visant à rendre l’endroit plus attractif soient récompensés.

Le Hommaru Palace (本丸御殿 ) est une imposante bâtisse adjacente au château qui servait si l’on peut dire de chambre d’amis aux puissants maitres féodaux de passage à Nagoya il y a 400 ans de cela. Murs et portes coulissantes étaient peintes par les grands maîtres peintres de l’époque. Comme le château, le bâtiment est détruit par les bombardements pendant la deuxième guerre mondiale. Si le château est reconstruit en 1959, il faudra attendre jusqu’en 2009 pour que débutent les travaux de reconstruction à l’identique du Hommaru Palace, travaux qui ont pris fin en juin dernier.

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‘Ces quelque photos prises parlent d’elles-mêmes’ me semble être une manière élégante de me tirer de ce pétrin, mes connaissances en art japonais se limitant à celles de mon année de cursus d’art moderne auprès du passionnant M.Lucken il y a de cela 15 ans. Les peintures me paraissent très modernes dans le trait et dans le choix des couleurs, parfois très vives, sans doute afin de ne pas être noyées par cette couleur dorée omniprésente. Entouré de la sorte d’œuvres d’art et de couleurs lumineuses, il me semble un instant devenir plus sage et créatif : ‘Tiens, et si je reprenais mon blog ?’