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‘Pourquoi j’écris, autant me demander pourquoi je respire …’ (3)

janvier 20, 2018

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Je viens de terminer mon douzième tome.

J’écris cérémonieusement en couverture la date de la dernière notation et parcours quelques pages. Six mois seulement se sont écoulés, mais que de voyages, de nouveaux lieux et de découvertes ! Hormis les mots d’adieux des collègues et quelques évènements importants, je n’y écris presque plus à propos du travail. Garder trace du moindre de mes déplacements sur Google Maps m’a permis d’être plus minutieux dans les dates et les lieux. Cela me fait sourire quand je prends en main mon premier carnet de constater qu’à l’époque une semaine entière tenait sur deux pages petit format alors qu’il me faut maintenant 4 pages grand format pour le week-end à lui seul.

Mon seul regret est d’y trouver un peu moins de cartes postales et de lettres qu’auparavant. La reprise du blog m’a laissé un peu moins de temps pour écrire à la famille ou aux amis, mon stock de papier à lettres et de timbres ne fait qu’augmenter. Si cela vous dit, on s’écrit ?

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Fuji Marathon Festa 2017 in Fuji Speedway [2]

janvier 17, 2018

[Première partie] Je passe sous l’arche ’Bridgestone’ à l’entrée du circuit un peu plus d’une heure avant la course, et l’excitation monte ! Comme il s’agit d’un évènement ’pour toute la famille’ avec des distances allant du 3km au semi-marathon, le parking est déjà bien rempli. J’entends au loin le vrombissement des moteurs et les crissements de pneus. Me serais-je trompé de date ? Je me dirige vers ce qui semble être le bâtiment principal, ce qui m’offre une belle vue sur le circuit, vide, en contre-bas.

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Jusqu’au départ c’est la routine. Récupérer mon dossard, perdre un peu de temps à chercher le vestiaire plutôt mal indiqué, déposer mes bagages au centre toujours tenu par de très sympathiques lycéens et lycéennes du coin (’Good luck !’ me lance l’une d’elles, tout sourire ), puis m’échauffer en me baladant à droite à gauche. On trouve les habituels stands de bouffe locale de type B-gourmet, sur une scène improvisée des jeunes chantent un tube à la mode, trois voitures de course sont exposées. La température étant plutôt basse il n’y a pas grand monde, mais l’ambiance est bon-enfant, les gens sont aimables et je ne me vois pas harcelé de questions. J’assiste en tant que spectateur au départ du 10km. Certains coureurs sont déguisés, d’autres partent en trombe telle une Formule 1. Tout cela me semble très amusant !

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‘Tout ce qui a deux ailes me fait planer’ (4) Premier A350 à NGO

janvier 11, 2018

Un client m’a raconté que chaque année au Nouvel An il venait à l’aéroport. Voir les avions décoller avec légèreté puis prendre de l’altitude dans le ciel bleu sans nuages, m’a-t-il expliqué, est pour lui la meilleure façon de commencer l’année d’une manière positive, ou ‘sur une courbe ascendante’ selon ses mots. Puisque c’est de bonne augure, je me permets donc t’entamer cette nouvelle année avec un billet sur l’aviation.

Le 29 décembre dernier, un Airbus 350 a atterri pour la première fois à Nagoya. Le dernier né d’Airbus ne compte encore qu’autour de 150 exemplaires, détenus par une douzaine de compagnies aériennes. Principalement utilisé sur les vols long-courrier reliant l’Asie à l’Europe, au Japon on peut l’apercevoir depuis quelques mois à l’aéroport d’Osaka ou Tokyo (Haneda), et j’attendais avec beaucoup d’impatience sa première venue à Nagoya.

Et manifestement, je n’étais pas le seul. Par rapport aux aéroports cités plus haut nous nous sentons toujours un peu délaissés en terme de nouveautés. Même s’il s’agit à chaque fois surtout d’un coup de marketing et qu’il faut ’comparer ce qui est comparable’, lire il y a de cela quelques mois que l’A350 de Lufthansa desservira l’Osaka (KIX)-Francfort dans le Journal de l’aviation m’avait rendu plus jaloux que nécessaire. Il ne faut donc pas s’étonner, malgré le froid, de voir les plus téméraires aux aguets à partir de 6h du matin pour assister au spectaculaire ‘water salute’ de l’A350 de Vietnam Airlines lors de son arrivée vers 6h30.

Le départ est prévu à 10:30, ce qui est déjà beaucoup plus abordable. La concurrence n’en est que plus rude, ça bataille pour prendre position. Comme c’est la première fois qu’il part de cet aéroport, difficile de prévoir à quel endroit de la piste il va décoller. Tout le monde se place vers le nord, laissant présager une longue glissade tout le long de la piste qui nous laisserait profiter de la svelte silhouette de l’appareil. N’étant pas de nature à me battre, je me place tranquillement au sud, et converse avec un agréable monsieur dans la soixantaine, ’pacifiste’ lui aussi, qui distribue ses magnifiques photos d’avions aux enfants alentours.

Bientôt, la vedette du jour quitte son spot et se place en bout de piste, s’arrête un instant puis démarre. ’Bien qu’à bloc, les moteurs sont silencieux !’, ’le reflet du soleil sur la carlingue va nous pourrir nos photos ?’ sont les deux seules pensées qui me traversent l’esprit avant que l’engin ne décolle contre toute attente dans le premier tiers de la piste malgré le peu de vent.

‘Ils l’ont fait exprès ?’ est la question que tout le monde se pose. Certains râlent devant ce comportement de petit jeune insolent, je suis plutôt amusé. Les enfants s’en moquent éperdument. Les avions, les aéroports, les gens qui y viennent … quel monde formidable !

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‘Sukoshi mo samukunai wa …’

décembre 30, 2017

L’été au Japon, je ne suis pratiquement jamais à la maison puisqu’il fait trop beau pour s’enfermer. En hiver … je n’y suis pas non plus, puisqu’il y fait quasiment aussi froid qu’à l’extérieur. Oh, attendez …

On sort dehors et il fait froid, c’est normal, après tout, c’est l’hiver. Ce qu’il y a de pénible en hiver au Japon, c’est qu’il fait à peine moins froid dans la maison […] Les constructions en bois n’isolent pratiquement pas, le chauffage central est quasi-inexistant.’ J’écrivais ces lignes il y a de cela presque dix ans sur ce même blog. Nous habitons toujours dans cette même maison, et il y fait toujours aussi insupportablement froid – sans que je puisse vraiment m’en plaindre de peur de me faire mettre à la porte.

Les choses se sont gâtées lorsque j’ai changé de service en 2011. Comme la gare la plus proche n’est pas bien desservie, il me fallait faire 20 minutes à vélo jusqu’à la gare où passe l’express qui me permet d’arriver à l’heure. Je quitte la maison à 5 heures du matin, et si en plein été cette petite balade matinale était même plutôt agréable, au mois de février 2012, j’étais vraiment à deux doigts de la dépression.

L’hiver suivant, je me suis permis de me rendre jusqu’à la gare en voiture. Payer 500 yens de parking par jour même pendant 3 mois valent mieux qu’un congé maladie prolongé ! Seulement voilà, le manque d’effort physique à fait de moi un larve. Je travaille mal et tombe plusieurs fois malade.

L’hiver ’13-’14, j’enfourche à nouveau mon vélo, qu’il neige où qu’il pleuve. Sous le déluge je pédale de toutes mes forces, grillant les feux et hurlant comme un dégénéré. Quand j’arrive à la gare, je suis complètement réveillé. Pour me réconcilier avec les choses agréables qu’offrent l’hiver, je me remets au ski.

Depuis, en été mais surtout en hiver, je marche jusqu’à la gare, rentre du travail en courant ou en marchant, avec même parfois un arrêt à la piscine. Mon T-shirt préféré dit ’Everday Triathlete’ !

Les jours de congés, quand je ne cours pas, je me réfugie dans tout ce que les environs comptent comme cafés, ou mieux, les bibliothèques – gratuites. J’y écris, étudie, lis ou rêvasse, traîne vaguement dehors aux alentours de midi quand il fait bon. L’hiver, même pas froid !

 

 

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Fuji Marathon Festa 2017 in Fuji Speedway [1]

novembre 30, 2017

La veille de la course, c’est le coup de théâtre : ’J’ai la crève, pas moyen de courir demain.’ Mon collègue, qui devait nous amener en voiture, déclare forfait. En vérité je ne suis qu’à moitié surpris puisque j’avais moi aussi attrapé un gros rhume le week-end précédent. Me voilà seul, obligé de conduire, et cela fait une semaine que la météo annonce de la pluie pour le jour J … J’hésite un moment, mais l’inscription est payée, cela fait deux mois que je m’entraîne pour cette course et mon collègue s’en voudra si je n’y participe pas. Allons-y, cela fera un truc à raconter sur le blog !

J’avais prévu de prendre la route vers 6h du matin avant que tout le monde se réveille, mais j’ai tellement bien dormi que je n’ai aucune peine à me lever tôt et file en douce autour de 5h passées. La course commence à 11h, il faut trois heures pour faire le trajet, j’ai presque le temps de passer faire un tour à l’aéroport de Shizuoka, qui est sur la route ! Si ce n’est que bien sûr il pleut … Si je fais toujours le chauffeur pour la famille, je me demande si ce n’est pas la première fois que je fais un tel trajet tout seul. J’en profite pour faire le beauf, fais gueuler Knights of Cydonia’ (Muse), ’Run Boy Run’ (Woodkid), le temps d’écouter en entier ’Discovery’ (Daft Punk) que je suis déjà à mi-chemin, aux alentours de Kakegawa.

Pause-café. Il ne pleut plus, mais il fait huit maigres degrés à peine. Cela ne m’inquiète pas plus que cela, j’ai préparé mes affaires comme si je partais pour une semaine, afin de pouvoir faire face à tout changement climatique, du beau temps au déluge. En effet, si jamais il m’arrivait la mauvaise idée de tomber malade, je peux être certain de ne plus pouvoir participer à la moindre course de toute ma vie.

De Kakegawa à Shizuoka, un tronçon d’autoroute prototype permet exceptionnellement de rouler à 110km/h au lieu des 100km/h habituels. 110 sur de longues lignes droites à trois voies ! Dans les même conditions, en Europe personne ne roulerait à moins de 130 – et le même trajet prendrait 30 minutes de moins. Alors que je roule déjà ’à vitesse démesurée’, bien sûr l’un ou l’autre fou du volant en voiture de sport me double à vive allure …

Je sors de l’autoroute un peu avant 9h. Je mets la radio locale, la météo annonce des températures bien basses pour la saison et la moitié des noms de villes qui défilent me sont inconnues, preuve que je suis bien dans le Kantô.

Je meurs de faim et la course démarre dans deux heures. Il doit certainement y avoir un stand de nourriture au départ de la course mais en plus d’être horriblement chers, les menus bien gras ne sont pas faits pour les coureurs, mais pour leurs familles qui vont grelotter dans le froid pendant deux heures. Dans une aire de repos j’engouffre vite-fait un plat de soba chaud ou flotte un morceau de tofu frit en forme de Mont Fuji. Vu le temps, c’est peut-être bien sous cette forme uniquement que je le verrai aujourd’hui. 

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‘Paysan lëtz !’ (1) satsuma-imo

novembre 13, 2017

Nous tenons depuis à peu près trois ans un petit potager. Vraiment pas grand chose, un petit plan de terre de vingt mètres carrés qu’une amie nous a cédé parce qu’elle n’avait plus le temps de s’en occuper. Je m’en occupe en autodidacte, pioche des informations dans les bouquins à la bibliothèque et demande des conseils à mes voisins de potager expérimentés, mais je reviendrais plus longuement sur le sujet une prochaine fois.

En automne, c’est la saison de la récolte des satsuma-imo, les patates douces ! Pour les enfants il s’agit plus de sucreries que de légumes une fois grillées au four, mais non seulement les patates douces, c’est bon, mais en plus ils peuvent s’en donner à coeur joie au moment de les déterrer. Bottes aux pieds, truelles à la main, il faut les voir creuser à leur recherche en riant, déjà pleins de boue après deux minutes à peine …

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‘It’s another day of sun’ (quand je ne cours pas … je pédale) @ Chita

novembre 6, 2017

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DSCF6535Nous voilà à moins de deux semaines de ma course. Après une petite période à vide vers la mi-septembre où je stagnais autour de 15km sans être capable de prendre de la vitesse, je me suis fait violence et suis parvenu à parcourir assez de distance pour maintenir un rythme satisfaisant sur 20km. Compte tenu du temps absolument dégueulasse que l’on a eu en octobre, ce n’est pas rien : Vague de froid, pratiquement dix jours de pluie consécutifs, deux typhons ! Si j’avais la même volonté pour effectuer mes tâches au travail …

J’ai couru ma plus longue distance (22km) il y a une dizaine de jours et suis depuis en période de récupération. Pour se changer les idées, mais surtout afin d’éviter de se sentir coupable de ne pas courir sans pour autant se ruiner la santé, avec mon collègue nous nous sommes faits une petite virée de 50 km à vélo dans la Presqu’île de Chita.

Il fait à nouveau très beau depuis quelques jours, quoique frais en matinée, la balade est très agréable. Une fois sortis de la ville et de ses agaçants feux de croisements tous les 100 mètres, nous sommes entourés de champs, longeons les voies de chemins de fer que nous prenons pour aller au travail pendant d’interminables lignes droites. La mer est partout. Pêche, planche à voile ou bronzage. A mi-parcours, au bord de la plage nous ne pouvons résister à l’envie de louer une balle et des gants de baseball pour faire du catch-ball, puis courons cinq petits kilomètres avant de repartir en selle.

Peu après mon retour à la maison ma joyeuse compagnonne rentre du travail, les enfants de l’école. J’ai pleinement profité de ma journée en solitaire. Epuisé, mais heureux.