‘Hep, taxi !’

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Est-ce encore aujourd’hui ainsi que l’on hèle les taxis ? Partout dans le monde, lever le bras à leur approche suffit-il à les faire s’arrêter, tel un signe universel ?

J’avais l’intention de prendre quelques photos d’immeubles aux alentours de la gare de Nagoya, mais le temps grisâtre ne m’inspire pas. Au fur et à mesure que je me balade, je me rends compte qu’ils sont partout ! Cachés derrière les panneaux ou les arbres, volants au dessus des masses ou bien tout là-bas sous nos pieds. Noirs, bleus, blancs ou verts. Les derniers modèles friment avec leurs portes coulissantes. Dissipés, ignorant le code de la route. Ou encore bien élevés, attendant sagement en rangs.

Je prends le taxi deux ou trois fois par mois dans le cadre du travail, quand nos horaires sont avant ou après ceux des transports en commun. Les taxis sont confortables et toujours cinq minutes en avance sur l’horaire prévu, le service est bien entendu impeccable. Comme c’est toujours moi qui conduit pendant de longues heures lors de nos promenades en famille, me faire trimballer de la sorte est plutôt agréable.

Le seul point qui m’intrigue est le silence qui règne a l’intérieur du véhicule. Par chance, les chauffeurs sont peu bavards, ce qui m’épargne d’avoir à répondre poliment aux ‘vous parlez bien japonais’ et autres ‘vous venez d’où ?’ qui ne mènent nulle part. Mais la radio est toujours éteinte. Le chauffeur allumerait-il la radio pour moi si je le lui demandai ? Ou bien me mettrait-t-il un peu d’enka enregistré par ses soins sur une cassette au son déformé a force de l’écouter en boucle ? A sa place je serai incapable de tenir dix minutes sans m’assoupir, surtout autour de minuit. N’est-il pas fatigué ?

Je profite du silence pour rêvasser un peu. Sur ma gauche la mer est noire comme l’encre. Tout au loin,  de l’autre cote de la rive de la baie d’Ise, à Yokkaichi, les tours des combinat pétrochimiques crachent d’impressionnantes flammes. M’en serais-je rendu compte si j’avais été distrait par la musique ?

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Kakegawa Kachoen (Kakegawa, Shizuoka pref.)

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Nous venons régulièrement au parc aux oiseaux et aux fleurs de Kakegawa. Que ce soit en hiver ou en été la température y est la même et l’humidité à l’intérieur est moindre par rapport à celle au dehors en cette saison. De toute manière il pleut depuis trois jours, mais nous enfermer dans l’une des gigantesques Aeon Mall du coin est hors de question – et le gaspillage d’énergie et d’argent qu’il implique m’est complètement incompréhensible.

Ce parc d’amusement compte une variété importante de plantes diverses (les nénuphars géants de la première photo !), mais surtout d’oiseaux allant du canari au flamant rose, présentés en diverses sections en intérieur ou extérieur. La liberté dont bénéficient les volatiles et le fait que l’on puisse nourrir de ses propres mains une majeure partie de ceux-ci font la particularité du lieu. Il suffit d’acheter des graines ou des bouts de pommes pour 100 yens pour bien vite se faire de nouveaux amis. Si l’ambiance est bon-enfant, les enfants en bas âge sont parfois surpris et se mettent à pleurer. A les voir béats de la sorte, je me dis que certains adultes semblent trouver dans cette pratique un certain réconfort, un ordre d’idée proche des neko-café (café aux chats) qui ouvrent leurs portes un peu partout. 

Pour ma part je pourrai rester des heures durant à regarder Futaba, le hashibiroko (Bec-en-sabot du Nil), nommé ainsi à cause de son bec qui est aussi gros voire plus gros que sa tête. Cette tête énorme, ces proportions étranges, cette crête toujours en pagaille ! Cet oiseau est surtout connu pour sa capacité à rester immobile pendant plusieurs minutes. Il fixe ainsi le vide comme perdu dans ses pensées, puis tourne lentement la tête et vous fixe du regard, l’air presque mauvais. Maladroit, il fait tomber le poisson que le personnel tente de lui faire ingurgiter. De nombreux visiteurs se moquent de lui, mais étant moi-même maladroit et loin d’être beau-gosse, je trouve l’animal plutôt attendrissant ! 

‘I got to get away, I want to get away’ (Yeah Yeah Yeah)

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Nous avons failli habiter ici. Lors de sa construction nous avions visité ce bel immeuble situé au bord de mer. La plage, toute proche. Plage artificielle, certes, mais plage quand même. Nous étions à l’époque tous excités rien que d’imaginer ce que nous allions y faire les jours de congés. Promenades à vélo, course à pied, beach-volley et planche-à-voile … 

Il fait déjà très chaud pour cette fin de mois de juin. Je viens exprès jusqu’ici pour courir et profiter de l’air marin, bien moins désagréable que l’air moite de la saison des pluies. Je cours vers le sud en direction de l’aéroport, dont on peut apercevoir la tour de contrôle. C’est l’heure de pointe aux arrivées, toutes les 5 minutes un avion passe à basse altitude le long de la rive sur ma droite, ce qui m’offre un peu de distraction alors que la température grimpe et que les jambes se font lourdes. Au bout de 45 minutes de course je fais le chemin en sens inverse. J’ai maintenant pour divertissement les vols nationaux partant pour Hokkaido. Lorsque le vent souffle du sud vers le nord, après le décollage ceux-ci ont la particularité de faire un grand virage vers l’ouest puis de remonter la baie d’Ise en son centre, procédure qui leur permet de ne pas entrer en collision avec les vols entrants. 

Courir pendant une heure et demie avec le vrombissement incessant des moteurs tout autour de moi m’a ouvert l’appétit – et presque donné le torticolis. Je m’étire vaguement puis décide d’aller prendre quelques photos d’avions à partir d’un spot que j’ai découvert par hasard lors de mon tour d’échauffement. La jetée en béton de 600 mètres qui coupe la baie en angle droit est envahie de tout son long par des pêcheurs à la ligne. Je me fais une place et attends sous le soleil au zénith. L’emplacement est exceptionnel, je suis pratiquement sous l’avion. Malheureusement il y a très peu de vols à cette heure-ci, et quand il y en a ce sont de petits appareils. Je reste un peu sur ma faim, il me faudra venir plus tôt, en matinée. Entre deux vols j’ai eu tout le loisir d’observer diverses sortes de bateaux. Je ne m’étais jamais rendu compte qu’il y en avait de toutes les formes possibles et imaginables.

Les pêcheurs sont absorbés dans leurs pensées. Hormis quelques enfants turbulents ayant perdu patience à force d’attendre que ça morde on n’entend que le bruit des vagues, le piaillement des oiseaux et le bruit sourd des jet-ski, des bateaux et des avions qui quadrillent mer et ciel. Si j’ai toujours beaucoup de difficultés à m’étirer correctement après mes entraînements, ce havre de paix m’a grandement aidé à recharger mes batteries. 

430 and counting …

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Je suis en train de repasser en revue uns à uns la première centaine d’articles du blog. En effet, lors de la migration définitive vers WordPress il y a une dizaine d’années, certains caractères ont été remplacés par des ronds ou des points d’interrogations, rendant les billets illisibles. Ces vieux articles datant de 2002 où je raconte ma vie quotidienne n’ont aucun intérêt pour mes visiteurs, mais j’aime y jeter un oeil de temps à autre. Je ne peux m’empêcher de sourire bêtement en me relisant, alors confronté à mes ‘gros’ problèmes et incertitudes. Et que dire de cette écriture erratique ? Faut-il corriger les fautes, effacer les ‘arf’, ‘argh’ et autres ‘nan’ ?

Je ne me souviens pas en avoir parlé auparavant, mais j’ai commencé à bloguer sur blogger.com début 2002, alors que j’étais à Paris dans le cadre de mes études universitaires. N’ayant pas internet où je logeai, j’allais exprès au cybercafé à Saint-Michel. J’étais à l’époque modérateur sur un forum de musique sur Compuserve. Je tâtais du html et m’amusais sur Fireworks et Dreamweaver depuis un ou deux ans. J’avais mon nom de domaine et mis en place mon premier site, d&o (désordre électronique organisé), où je mettais en ligne des photos et chroniques d’albums dans un large répertoire allant de Fiona Apple à Kevin Yost. Hillman Curtis, pionnier du web design, était mon idole et j’avais été marqué par son slogan ‘God is in the details‘ ! La création d’un blog devait être dans la suite d’idées, la prochaine étape à suivre … 

Tout est si loin que je n’arrive pas à tout replacer dans l’ordre chronologique. Relire et retoucher ces vieux articles en profondeur me permet de me replonger dans le contexte. Je suis étonné d’avoir pu de par le passé écrire 36 articles en un mois, alors que maintenant même en une année entière je n’y parviens pas. Avec le temps les articles sont également devenus moins personnels, moins spontanés. Il me semble également avoir perdu les tous premiers billets. J’ai tenté de me connecter à mon compte Blogger, sans succès. Le site me propose de m’envoyer mon mot de passe sur une adresse Hotmail que je n’arrive pas à réactiver non plus. Si au moins je me souvenais du titre du blog. Il me plairait de retrouver ces premiers billets ainsi que mes vieilles pages web dans le disque dûr de quelque PC retrouvé dans le grenier …

Fête des hortensias ( Inazawa-shi, Aichi pref.)

D’habitude je ne suis pas du genre à m’extasier devant les fleurs, mais je dois avouer que notre balade au temple Otsuka Shokai, dans le cadre de la fête des hortensias qui a lieu chaque année début juin, a été bien agréable.

Pas moins de 90 variétés pour 10,000 bouquets en pleine floraison dans ce joli parc aménagé autour du temple. Comme si la panoplie de couleurs des hortensias et leurs dégradés ne suffisaient pas, celles-ci sont joliment mises en scène avec des petits cours d’eau qui traversent le parc, de discrets ponts en bois ainsi qu’une butte en son centre qui permet de surplomber ce bel espace coloré.

Comme nous y sommes allés dans l’après-midi, la lumière était éblouissante et avec le monde qu’il y avait il était difficile de prendre la moindre photo sans avoir quelqu’un dans le cadre se prenant en selfie. Qu’il doit être agréable de s’y promener dans la douce lumière, un matin de semaine …

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Aux gorges Kakizore (Nagiso-cho, Nagano Pref.)

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Mezame no toko, Atera … La route nationale 19 qui rejoint Nagoya a Nagano est longée par le fleuve Kiso (Kiso-gawa) et de nombreuses merveilleuses cascades insoupçonnées, parfois presque cachées. Les gorges Kakizore, prochaine étape sur notre liste, est autoproclamé comme étant un lieu dit ‘hikyo‘, terme que l’on pourrait définir comme ‘lieu inexploré connu uniquement des habitants du coin’. Rien que d’arriver à l’entrée relève déjà de la chasse au trésor, il faut se faufiler à travers montagnes et champs en suivant consciencieusement les panneaux dont on ne peut pas dire qu’ils soient très explicatifs.

Nous arrivons finalement au petit parking plutôt bien aménagé pour pareil endroit. Le ciel s’est couvert, la forêt n’en paraît que plus dense encore. Il doit bien faire 5 degrés de moins que tout à l’heure. A en juger par le bruit sourd qui résonne dans la vallée, la cascade ne peut pas être bien loin. Sur notre droite apparaît un pont suspendu d’une cinquantaine de mètres qui passe au dessus de la rivière. Un écriteau indique ‘Pas plus de deux personnes à la fois’. Je passe en premier, ne sait-on jamais, et avance prudemment tel un Indiana Jones du dimanche.

Nous remontons la rivière sur son flanc en utilisant une passerelle en bois. L’eau en contre-bas est très limpide, presque transparente, il doit être très agréable de s’y baigner lorsqu’il fait un peu plus chaud – quelques téméraires n’ont pas attendu. Un peu plus loin un long escalier monte en zig-zag le long de la paroi de la montage. Il y a des espaces assez importants entre chaque marche, de surcroît rendue glissante par la pluie récente, il faut faire attention où l’on met les pieds. Après quinze minutes de marche nous arrivons enfin au promontoire où nous faisons une petite pause et contemplons la cascade en contre-bas. Je suis très impressionné par le rafût qu’elle provoque et me sens comme absorbé par le vide. Une étroite passerelle permet de s’approcher encore un peu plus, mais les enfants, inquiets, m’interdisent de l’emprunter. 

Le chemin du retour se fait par un sentier faisant un léger détour à travers la forêt. Léo dit avoir entendu un bruit dans les buissons un peu plus bas. Je regarde discrètement en contre-bas, y aperçois un sanglier qui semble me fixer droit dans les yeux. J’ignore pourquoi mais je suis certain qu’il s’agit d’un mâle. On lit souvent dans les brochures que crier ou lancer des cailloux pour leur faire peur ne fait que les exciter et se ruer vers vous. Nous attendons donc un peu, perplexes, puis entendons après une minute ou deux distinctement deux grognements rauques, mais qui n’ont rien de menaçants. Je jette un rapide coup d’oeil, le (ou les) sanglier(s) ont disparu. Nous descendons silencieusement le sentier et arrivons finalement saints et saufs au pont suspendu du point de départ. 

Nous avions prévus de faire une autre balade un peu plus loin, mais aurons eu notre dose d’aventures. Les enfants s’endorment instantanément, le silence règne dans la voiture. Je suis absorbé dans mes pensées, quelque peu ému par le côté mystérieux et majestueux de la montagne et la magie de ce que nous venons d’y vivre.

Je cours toujours (ça t’intéresse ?)

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Après un semi-marathon laborieusement terminé au Fuji Speedway en décembre 2017, je me suis accordé un peu de repos et me suis remis à courir début février 2018. Afin d’améliorer mon temps et de varier mes entraînements, j’ai commencé à participer aux sessions d’un club d’athlétisme local. J’ai ainsi redécouvert le plaisir de courir en groupe, d’avoir à forcer un peu pour ne pas être à la traîne, la vitesse n’étant pas mon fort. Alors que je fais des tours de piste au stade, voir des jeunes entre 10 et 15 ans s’entraîner à côté de moi m’a rendu nostalgique, je faisais pareil à leur âge. 

Début juin je suis déjà en mesure de courir 20km deux jours d’affilée, et avec le recul je me dis que j’y ai été un peu trop fort. Le marathon de Shimada (Shizuoka pref.) auquel je m’étais inscrit ayant lieu fin octobre, même motivé je ne vois pas comment mon corps aurait tenu le rythme pendant encore quelques mois. 

Juillet et son interminable saison des pluies. J’ai essayé de courir sous la pluie. Ce n’est même pas rafraîchissant, juste désagréable. Août, la canicule. Il me faut engloutir un litre d’eau rien que pour parcourir 5 petits kilomètres au retour du travail, puisqu’il fait encore 33 degrés à dix heures du soir ! Fin août on me propose un important voyage d’affaire qui s’avérera très enrichissant professionnellement parlant, mais sur le plan sportif va pratiquement réduire à néant mes efforts fournis jusque là. Je ne peux cependant m’empêcher d’emporter dans mes valises ma tenue de sport, et m’offre deux sorties aux alentours de l’aéroport de Munich au petit matin – un moment inoubliable dont il me faudra reparler dans un autre article. 

Il ne me reste plus qu’un petit mois. Je peine à courir de manière satisfaisante ne serait-ce qu’une dizaine de kilomètres et me vois obligé de déclarer forfait. J’ai pour habitude de dire que tant que la fatigue est plus mentale (ne pas avoir envie de courir) que physique (ne pas pouvoir courir) il vaut mieux se secouer les puces, sans quoi les remords s’installent. J’écris ces lignes avec un peu de regret, preuve que les choses auraient pu mieux se passer si je m’y étais pris autrement. 

Je me suis inscrit hier au marathon d’Ibigawa (Gifu pref.), qui aura lieu le 10 novembre. C’est une course assez réputée dans la région, un beau parcours au creux des montagnes, non loin du mont Ibuki. Les inscriptions se font sur internet à une heure donnée. Comme tout le monde se rue sur le site en même temps, le réseau est complètement saturé. J’ai passé un quart d’heure a rafraîchir la page toutes les 10 secondes, mais suis miraculeusement parvenu à m’inscrire hier soir. 

J’ai repris en douceur l’entraînement ce mois-ci. Je prends beaucoup de plaisir à réfléchir à la manière dont je vais pouvoir m’entraîner en juillet et août alors que l’on a déjà eu 33 degrés la semaine dernière. Me réfugier dans les montagnes de Nagano ou dans les bois ? Courir à 4 heures du matin, alterner avec des sessions à la piscine, ou bien repousser les longues sorties au mois de septembre ?