Archive de la catégorie «travail»

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- Euh … tu peux m’aider ? Je crois qu’il est brésilien.

décembre 11, 2007

Mes collègues, surtout ceux du rayon des parfums et cosmétiques sollicitent assez fréquemment mon aide comme interprête lorsque le client ne comprend pas - ou ne veut pas comprendre - pourquoi on lui refuse d’acheter certains produits. Dans les faits il s’agit de restrictions résultant de la lutte anti-terroriste, et sauf cas extrêmes la plupart des clients n’y trouvent rien à redire, mais là n’est pas le but de mon propos.

Pour faire simple, mes collègues distinguent trois familles linguistiques : les langues asiatiques, l’anglais, et … tout ce qui n’est ni asiatique ni anglais. Du coup, une fois sur deux la langue que l’on me demande de traduire n’a absolument rien à voir avec celle dont on m’avait parlé à la base. Ainsi, le brésilien cité plus haut était en fait italien. Passe encore. L’autre jour un soi-disant français était en fait allemand et une fois même, un chinois en fait français. Pourquoi pas. Je comprends l’italien et parle allemand, on s’en sort encore.

Seulement parfois, rien à voir. Un soi-disant hollandais était en fait russe et un allemand mexicain. Je ne parle ni russe ni espagnol, et on a dû s’y mettre à trois pour lui faire comprendre ce que nous devions lui dire.

Vu autrement, ces trois catégories impliquent quelque chose d’affolant : Puisque je parle français, allemand et une langue aussi rare que le luxembourgeois, forcément, il est des personnes qui sont persuadées que je parle également l’italien, le finlandais ou même l’arabe. Mieux, ils oublient même parfois que certains occidentaux parlent parfois parfaitement japonais. Bien qu’occidentaux, dans certains cas le japonais est même la seule langue en commun que j’aie avec certaines personnes. Il m’est ainsi déjà arrivé de converser pendant 15 minutes en japonais avec un canadien.

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on se sent moins seul au pluriel

décembre 7, 2007

Je m’imagine aujourd’hui tout seul ici. Ou plutôt, j’essayais de savoir ce qu’il serait advenu de moi avec le même travail si j’avais été seul. Serais-je devenu moi aussi un ‘hataraki man’, ou en bon français, un workaholic ? Ou, incapable de me lever en plein milieu de la nuit par un froid de canard, aurais-je déjà jeté l’éponge et changé de travail ? Peut-être serais-je peut-être même déjà rentré au pays ?

D’une part, je pense que je me serai investi encore davantage dans mon travail. Pourquoi rentrer alors que personne ne m’attend et que je suis payé pour ne rien faire ? Celui qui veut travailler trouvera des milliards de choses à faire, notamment tout un tas de statistiques sur tout et n’importe quoi. Ces calculs ne sont pas de la plus haute importance, au début je m’en servais surtout pour meubler les périodes creuses pendant lesquelles les clients se font rares. Puis en fait de compte, comme quinze ans plus tôt lorsque je calculais par exemple le temps de trajet moyen en bus de la maison jusqu’à l’école ( 22 minutes et quelques ) ou la moyenne de mes notes sur l’intégralité de ma scolarité ( 7.36/10 ), j’ai repris goût à ce genre de bêtises et me retrouve parfois presque à regretter de devoir rentrer chez moi. Et puis d’un autre côté il y a ces journées où tout me gonfle, où je n’ai qu’une envie, c’est de rentrer à 16h00 piles, et d’ailleurs, dans ces cas-là c’est ce que je fais.

Si j’avais été seul, j’aurais probablement déjà abandonné ce travail, j’en suis pratiquement certain. J’aurais été serveur ou caisser tout près de chez moi, et tel que je me connais, j’aurais probablement déjà acheté toutes les consoles de jeu sur le marché et claqué l’autre moitié de mon salaire en cds et en repas à droite à gauche parce que j’aurais trop eu la flemme de me faire à manger. Au bout d’un an, j’aurais craqué, serais rentré au pays, trouvé un emploi bien payé mais sans aucun rapport avec le japonais. La boucle serait bouclée, retour à la case départ, décembre 2001.

Bref, merci !

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vivement lundi !

juillet 3, 2007

Parfois, avoir des horaires à la con un peu particuliers à quand même ses avantages. C’était par exemple déjà le cas ici, puis une nouvelle fois samedi dernier. Samedi, c’était le début des soldes. Les soldes, ici comme ailleurs, sont synonyme de grande foule, et la grande foule, plutôt que d’être emporté par elle, plus je peux l’éviter mieux je me porte. De plus, avec ma taille, il est relativement rare que le produit que je cherche soit épuisé, aucune raison donc de paniquer.

Aussi, une fois la tempête passée pendant le week-end, je débarque au centre-ville un lundi gris et pluvieux, comme tout lundi qui se respecte. Pas grand monde, je profite de l’occasion pour revoir une vieille connaissance. Tournée rapide des magasins habituels, quelques achats qui me permettront comme à chaque fois d’être tranquille pendant les 6 prochains mois, puis retour à la maison juste avant le grand rush de six heures.

Voilà que je me surprend en train d’être content de me lever à 5h du matin le dimanche …

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6 mois déjà !

mai 15, 2007

Demain, cela fera jour pour jour six mois que je travaille à Centrair, six mois que bien entendu je n’ai pas vu passer. Si l’on fait un premier bilan, je reste sur ma première impression. Ereintant, mais passionnant. Pas mal de difficultés et de pressions. Des horaires pour le moins spéciaux, devoir se lever en plein milieu de la nuit un dimanche matin. Perdre toute notion de semaine, de week-end. Travailler dans une langue qui n’est pas la sienne, impératifs de temps ( les clients n’ont qu’un temps limité pour effectuer leurs achats ), de vente ( tout fonctionne par objectif à atteindre ), le fait qu’en cas d’erreur de notre part le client ne puisse pas venir changer son produit contre un autre, qu’il lui est impossible de venir réclamer la monnaie qu’on ne lui aurait pas rendue etc. Avoir affaire à des clients qui ne parlent ni anglais ni japonais, à des clients qui, du fait qu’ ils rentrent au pays, n’ont pas toujours le moral au beau fixe et d’autres encore qui du fait d’être riches se croient tout permis. Des collègues plus ou moins sérieux, plus ou moins jaloux et des petits-chefs. Beaucoup de paperasse, de contrôles, de temps perdu en détails, en choses qui ne servent à rien.

Et d’un autre côté, quoi de plus international qu’un aéroport ? La possibilité de pratiquer plusieurs langues chaque jour, de rencontrer une multitude de clients. Sympathiser avec certains clients réguliers, bavarder avec des pilotes. Etudier des bribes de chinois et de coréen chez soi et les mettre en pratique le lendemain sur son lieu de travail. Traduire, interpréter, téléphoner à Hong Kong, écrire en Allemagne. Regarder passer les gens, rêvasser un peu. Avoir envie de partir à l’étranger à son tour.

Au travail il m’arrive parfois de drôles de choses, parfois il n’arrive rien du tout. Outre des progrès en japonais, je pense que le principal changement est que je suis peut-être enfin parvenu par le biais de ce travail à gagner un petit peu confiance en moi à travers le regard des clients et de mes supérieurs. De plus, l’aéroport est tout jeune, tout change, bouge très vite, et finalement assez ouvert et auto-critique, ce qui donne l’impression à chacun de pouvoir, s’il le souhaite, apporter sa pierre à l’édifice.

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GW, GW, GW.

mai 2, 2007

En ce début de mois de mai, les japonais bénéficient pour la plupart d’une petite semaine de congés successifs, la Golden Week. D’ailleurs, sur toute l’année, c’est a peu près la seule. Il n’en fallait pas plus pour que la moitié de l’archipel décide de partir en voyage en même temps et j’imagine d’ors et déjà la mine réjouie des otakus parisiens à la vue des bus remplis de japonais débarquant à l’Opéra Garnier, à la Tour Eiffel ou à l’Esplanade de la Défense.

Pour nous, à l’aéroport, c’est bien simple : Du 28 avril au 5 mai, il nous est d’une part interdit de prendre congé, et de l’autre, le Duty Free Shop ouvre ses portes à 7h au lieu de 7h30. Cela signifie que nous commençons à 6h45, et pour la plupart d’entre nous, cela signifie surtout qu’il faut se lever en plein milieu de la nuit, autour de 4h pour ma part. Il faut dire que l’enjeu est de taille puisque le nombre de passagers pour les vols internationaux passe soudainement d’une moyenne de 6.500 par jour à des pointes à plus de 11.000. Sachant que ces même passagers vont pour la plupart claquer en une semaine tout l’argent qu’ils n’auront pas réussi à dépenser étant trop occupé par leur travail le reste du temps, ils dépensent sans compter et nous, nous sommes absolument ravis de compter à leur place.

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Poisson d’avril ?!

avril 6, 2007

Jeudi, 15h. Pendant deux jours je m’étais préparé au pire. Je rentre dans la salle de conférence, première surprise, je ne suis pas le seul a avoir été appelé, trois collègues attendent eux aussi la sentence. Je me dis que si je me fais engueuler/muter/virer, je ne serais pas le seul. ‘La peur de l’autre donne des ailes, on se sent moins seul au pluriel‘ comme dit l’autre.

Le responsable des RH ne tourne pas autour du pot : intérimaires et CDD ( au bas mot 80% du personnel ) sont gaspillage de temps, d’argent et de jours de congés ! Nous allons donc vous faire passer en CDI.

Surprise générale donc puisque je suis embauché depuis 6 mois à peine que l’on me propose une promotion que d’autres n’ont pas réussi à obtenir en plus d’un an.

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Vous avez dit week-end ?

mars 27, 2007

Lundi, 15h. Plus qu’une heure avant de quitter le travail pour deux jours de repos bien mérités. Je me donne dix minutes pour faire deux trois bricoles sur l’ordinateur avant d’affronter la ‘déferlante coréenne’, horde de clients coréens au pouvoir d’achat important qui font en groupe quelques achats avant de rentrer chez eux.

Arrive un haut-placé. N’étant déjà d’ordinaire pas d’un naturel souriant, son sérieux m’inquiète.
- Ah, P., je vous cherchais ! Rendez-vous le 29 à 15h dans l’ancien bâtiment, 4ème étage, salle C !, me dit-il sèchement. Alors que je consulte ma montre pour savoir si je suis disponible,
- Le 29, vous êtes de service, cela ne fait aucun doute. 15h, prenez note !
- Euh … oui … !?

Être convié de la sorte par un haut-placé la veille de mes deux jours de congé, sans aucune explication, n’a absolument rien de rassurant. Angoissé, mon week-end n’en est plus vraiment un. Soit il s’agit d’un sérieux manque de tact de la part des RH, soit la nouvelle à m’annoncer est vraiment mauvaise.

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motivé ?

mars 19, 2007

. Ce midi, une dizaine de collègues pris au hasard et moi étions solonellement invités à déjeuner avec trois haut-placés de l’aéroport afin de partager nos idées, points de vues et autres angoisses, et par la même profiter de l’occasion faire connaissance avec des personnes que nous ne croisons - et ne croiserons - jamais et surtout, faire avancer les choses. Décidément, je ne manque pas une occasion de manger à l’oeil.

Etant le premier à être invité à prendre la parole, j’ai bafouille deux-trois bêtises avant de poser la question qui me taraudait depuis un moment :

- Comment expliquez-vous qu’en moyenne chaque mois une bonne vingtaine de personnes décident de quitter leur poste ?

- C’est très simple ! Je préfère que quelqu’un occupe un poste qui lui plaise plutôt qu’un poste qui ne lui plaise pas.

Si je ne me trompe pas, cela signifie texto ‘Pas contents ? M’en fous, allez voir ailleurs !’ Faire avancer les choses, vous disiez ?